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Les philosophes et les neurobiologistes n’ont sans doute pas fini les controverses biophysiques et métaphysiques sur la nature et l’origine de l’esprit dans le corps.

Il semble bien que la matière et l’esprit co-évoluent. Il faut les considérer comme deux faces d’une même réalité. La matière est structurée et existe comme telle parce qu’elle comporte une part abstraite. La matière inanimée se structure selon des formes plus ou moins géométriques allant des plus simples aux plus complexes, et notamment celles de la géométrie fractale. Ces géométries se déploient de l’atome jusqu’au cosmos. La matière est aussi animée par des processus  algorithmiques de composition et de décomposition, d’échanges d’énergie, de cycles à différentes échelles d’espace, de temps et d’organisation. La matière vivante constitue un des ordres de complexité croissante de la matière. Elle est animée des mêmes catégories de processus que la matière inerte : cycles de décomposition et de recomposition, échanges d’énergie, création de nouveaux algorithmes.

L’esprit semble présent sous différentes formes spécifiques à tous les stades d’organisation de la matière. L’esprit humain, celui qui sous-tend les cultures individuelles et collectives, est nécessaire (et insuffisant ?) à faire fonctionner la macro-organisation sociale.

L’esprit humain est parfois considéré comme le premier dans l’évolution à être capable de se penser lui-même, mais cela n’est pas sûr. Des formes d’auto-réflexion, de penser qu’on pense, sont une des caractéristiques essentielles des systèmes cognitifs. L’animal chasseur est capable de penser le comportement de ses futures proies. Le système immunitaire est capable de mémoriser d’anciennes attaques microbiennes et de réguler les équilibres des écosystèmes microbiens de l’organisme.

La caractéristique principale d’un système cognitif est sa capacité de se représenter soi-même et le monde extérieur. Il est remarquable à cet égard que de connexions neuronales du cerveau soient en mesure de créer des images mentales du monde matériel qui fonctionnent comme celui-ci. Plus étonnant encore est que des objets mathématiques fonctionnent comme des objets physiques. En effet, la formule de la chute des corps (x=½gt2), représente la trajectoire réelle avec une très bonne approximation.

L’esprit semble ainsi pouvoir se développer sur divers substrats matériels et fonctionner selon des rationalités différentes allant des déterminismes complet, comme la chute des corps ou le mécanisme d’une horloge, jusqu’au libre arbitre humain. L’esprit se développe aussi sur des substrats abstraits. La science engendre la science, la connaissance d’autres connaissances. A tous les niveaux d’organisation, l’esprit et la matière fonctionnent avec des parts de déterminismes, de hasards et de libres arbitres.

Chaque niveau d’organisation de la matière et de l’esprit est intégré et se développe dans un contexte d’un autre niveau qui le sollicite et le façonne en permanence.

Re 10 août 2009

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