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Télérama a sorti au mois d’août 2009 un numéro spécial sur le Mystère. Certains articles traitent du paranormal : de la sorcellerie dans le Berry à l ‘institut métapsychique international (IMI ). Comme il convient, ce magazine ne prend pas parti ni pour ni contre ces croyances et pratiques tout en rappelant les arguments de leurs promoteurs et de leurs contempteurs. Les débats sont fort anciens et s’éterniseront sans doute, entretenant les fonds idéologiques et parfois de commerce des uns et des autres. Les sorciers du Berry ont souvent démontré  l’efficacité de leurs formules magiques et de leurs pratiques pour des troubles physiques ou mentaux. Les métapsychiciens tentent de montrer par des expériences soumises à des protocoles scientifiques la réalité de la télépathie. Ils avancent des résultats qui semblent statistiquement meilleurs que le hasard. Toutes ces pratiques ne fonctionnent pas systématiquement selon le déterminisme scientifique, à savoir : une même cause donne un même effet indépendamment du temps, de l’espace et de l’opérateur. C’est le principal argument des contempteurs. Les savoirs et les pratiques liés au paranormal ont de tout temps causé des dérives de charlatanisme, d’asservissement voire d’actions répréhensibles. Les religions et les sciences, qui n’en sont de loin pas exemptes, ont toutefois œuvré pour canaliser les dérives. Elles proposent (le plus souvent imposent) leurs propres manières de penser les mystères du monde. Leurs dogmes sembleraient nécessaires et suffisants pour assurer la vérité. Tout le reste serait baliverne.

Est-ce si sûr que cela ?

Les déviances religieuses et scientifiques ont toujours existé et même été utiles, y compris dans les sociétés et les époques les plus évoluées. Selon les enquêtes de la Sofres de 2002, 54 % des Français croient à la guérison par les magnétiseurs ; 40 % à la transmission de pensée et 33 % aux rêves prémonitoires, rapporte Télérama.  Evidemment  la vérité n’est pas affaire d’opinion publique. Mais il est intéressant de noter que beaucoup de gens adhèrent à ces croyances qui règlent partiellement le fonctionnement de leur univers personnel. Il paraît que bien des hommes d’Etat ont recours à des voyantes.

Le paranormal évolue sans cesse à la frontière du « normal », (le sens commun ?) et de la folie. Il forge des thèmes de prédilection des délires de certaines maladies mentales.

Le sens commun pourrait être défini ironiquement par les résultats des enquêtes Sofres ci-dessus : il serait «raisonnable » pour chacun de croire à 54 % aux magnétiseurs, à 40 % à la transmission de pensée et à 33 % aux rêves prémonitoires.

Pourquoi ces croyances paranormales n’auraient-elles pas le droit d’exister ?

– Correctement canalisées, comme c’est après tout le cas dans nos sociétés, ces croyances font plus de bien que de mal. Elles ne sont de loin pas socialement aussi nuisibles et coûteuses que les jeux de hasard ou les spéculations financières.

– Ces croyances correspondent à des observations. Le fait qu’elles échappent aux protocoles scientifiques de reproductibilité n’est pas une raison suffisante pour les rejeter radicalement.

– Tous les phénomènes physiques, chimiques, physiologiques, mentaux, sociétaux ne sont pas scientifiquement réductibles à des mécanismes premiers, comme l’équilibre des forces gravitationnelles d’attraction et de répulsion de la matière. Mais à chaque stade d’évolution et de complexification de la matière inerte, vivante ou sociale apparaissent des rationalités nouvelles, parfois descriptibles mais pas toujours explicables par la science.

– Le paranormal est peut-être au cœur du fonctionnement de la matière. Selon les lois de la science connues aujourd’hui, la probabilité de nos existences, en tant qu’êtres humains, est quasi nulle. Le paranormal fonctionnerait à des échelles de temps, d’espace et d’organisation dont nous n’avons pas une conscience immédiate.

– Il semble que l’humain ait toutefois accès à ce monde de manière éphémère. Avec  prudence et modestie, l’empathie avec la Création est peut-être une manière de toucher pacifiquement au paranormal et à ses curieuses manifestations.

Er 15 septembre 2009

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