The Privileged Planet

“The Privileged Planet: How Our Place in the Cosmos is Designed for Discovery”,”La planète privilégiée. Comment notre place dans le cosmos est conçue pour la découverte » est un livre de Guillermo Gonzalez et Jay Richards qui avance des preuves scientifiques d’un dessein intelligent.

Ce livre a donné lieu à un film en anglais visible sur Internet : « The Privileged Planet ».

Aussi bien les attitudes extrêmes des fondamentalistes religieux qui se réclament du dessein intelligent, voire du créationnisme, que celles de ceux qui rejettent sans appel des réflexions allant dans ce sens me semblent suspectes d’intentions inavouées. Il parait évident que le monde n’a pas été créé selon les récits mythiques des différentes cultures. Tout autant, les explications scientifiques de la formation de l’univers ou de l’évolution du vivant rejettent toujours un peu plus loin l’horizon des connaissances, horizon également de celui de l’ignorance. Les paradigmes et modèles standards actuels acceptés par l’essentiel des communautés scientifiques mondiales en cosmologie ou en biologie, ne constituent pas des vérités ultimes.

Les auteurs soulignent les étrangetés improbables des phénomènes nécessaires à la vie sur terre souvent déjà explicités dans la littérature : propriétés singulières de l’atome de carbone, des molécules d’eau, de la régulation saisonnière de la température sur terre, du rôle de la tectonique des plaques, du champ magnétique terrestre comme protection contre les vents solaires, de la Lune comme stabilisatrice de la rotation de la terre, de la bonne distance entre la terre et le soleil, etc. La probabilité d’apparition de la vie semblable à celle de notre planète serait de l’ordre de 10-15, c’est –à-dire la probabilité d’atteindre avec une flèche une cible de 1 centimètre placée à des années-lumière. Cette faible probabilité semble exclure la vie dans l’univers à des millions d’années-lumière à la ronde.

Toutefois la nature, pour structurer la matière, est certainement le siège d’algorithmes lui permettant de contourner l’improbable. Le système de mutations aléatoires suivies de sélections est une de ces méthodes également utilisée dans les algorithmes informatiques dits génétiques. Par exemple un tel algorithme génétique permet de résoudre en quelques secondes sur petit ordinateur le problème du voyageur de commerce, qui doit trouver le plus court chemin pour visiter un certain nombre de villes. Pour une centaine de villes, l’exploration de toutes les 2 100 possibilités  à raison d’un millier par seconde, mettrait des millions d’années. On peut supposer que la nature dispose d’algorithmes de ce type pour trouver les structures viables de la matière inerte et vivante. Il est donc fort probable que les formes de vies aient émergé dans l’univers avec des probabilités bien supérieures à 10-15. Les algorithmes génétiques informatiques comportent des critères de sélection qui sont imposées par le programmeur extérieur au processus. Les processus naturels n’auraient-ils pas besoin d’un programmeur extérieur ? Il existe peut-être des algorithmes auto-générateurs sans programmeur extérieur… L’intelligence est une autre méthode de contourner l’improbable. Elle permet de modéliser les phénomènes avant d’agir sur la matière et limite donc les essais.

Ma thèse exposée dans de précédents articles est que la matière co-évolue avec des formes d’intelligence à toutes les échelles de temps d’espace et d’organisation.

« La planète privilégiée » avance une autre thèse, à savoir que tout est fait pour la découverte de l’univers par des intelligences. Elle s’appuie sur plusieurs faits : les tailles angulaires identiques de la lune et du soleil vus depuis la terre permettent l’étude du soleil lors de ses éclipses ; la transparence de l’atmosphère ainsi que la nuit et la position du système solaire dans la galaxie dans une zone transparente permettent de découvrir le cosmos. Quelle est la cause, quel est l’effet ? Un extraterrestre qui observerait un quai de gare terrestre pourrait conclure que c’est l’arrivée de gens sur le quai qui fait venir le train. Du point de vue du court terme cette conclusion serait fausse, du point de vue du long terme par contre elle n’est pas fausse, car sans voyageurs, les trains n’auraient aucune raison de circuler. C’est donc bien les voyageurs qui font venir les trains. Cette thèse de la structuration de l’univers en vue d’être compris par des intelligences fait aussi penser au coq Chanteclerc qui s’imagine que ses cocoricos font lever le soleil. Mais, pourquoi pas ?

La réflexivité semble en effet bien inscrite dans les modes de fonctionnement de la nature et notamment des systèmes cognitifs. La conscience sait qu’elle sait. Elle sait penser les choses avec des modèles abstraits fonctionnant plus ou moins comme la réalité matérielle. La thèse indiquée impliquerait des liens entre une conscience à l’échelle cosmique et des consciences à l’échelle microscopique co-évoluant avec les matières à toutes ces échelles.

Si l’univers veut être reconnu par la conscience humaine, pourquoi fait-il que sa vérité soit si difficile à atteindre ? Pourquoi leurre-t-il l’humanité ? Par exemple il est normal, compte tenu des observations immédiates, que la terre a été longtemps considérée comme plate et le centre de l’univers. Les mouvements du soleil ou la lune présentant toujours la même face ont contribué à tromper les premiers hommes.

La conscience au cœur de l’univers a peut-être le sens de l’humour, qui est aussi une forme de réflexivité.

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