L’évocation de certaines plantes médicinales au cours de la méditation pourrait avoir un effet analogue sur l’organisme à l’absorption des molécules de ces plantes elles-mêmes. C’est l’observation que j’ai faite notamment avec l’évocation de l’image de la fleur de camomille pour l’endormissement ou du lotus pour le bien-être en général. Ces constats sont très subjectifs et certainement entachés de biais expérimentaux. Un certain nombre d’arguments à partir de faits avérés pourraient permettre d’en étayer l’hypothèse.

–          L’homéopathie fonctionnement grâce à des substances neutres qui ont été dynamisées par mises en contact avec des principes actifs. Les molécules de ces derniers peuvent ne plus être présentes dans le médicament homéopathique à la suite des nombreuses dilutions. Tout semble se passer comme si la substance neutre avait gardé la mémoire du principe actif, qui au demeurant à forte dose renforcerait le mal en question. Le médicament homéopathique transmet une information et active le système de défense de l’organisme. La nature de cette information et son mode de stockage sont inconnus. Cette information transite probablement par le cerveau ou bien est stockée dans un système cognitif somatique réparti dans l’ensemble de l’organisme. Le processus échappe à la conscience. Apparemment l’homéopathie n’est pas seulement une affaire de croyance ou de placebo.

–          La méditation est un moyen de mise en rapport de la conscience et du système cognitif somatique qui régule l’ensemble des fonctions vitales.

–          Il se pourrait qu’à travers la méditation, l’image mentale d’une plante soit en mesure d’activer les mêmes cellules du système cognitif somatique que les molécules actives de cette plante.

–          Il est probable que l’organisme garde la mémoire de toutes les signatures moléculaires de toutes les plantes qu’il a rencontrées un jour et inhalées par la respiration. La respiration joue le rôle des dilutions homéopathiques. Et l’ensemble des cellules du corps participent au mécanisme de mémorisation du système cognitif somatique.

–          Il est possible aussi que par des phénomènes épigénétiques, la mémoire des molécules rencontrées par les ancêtres soit transmise de génération en génération. Le génome de chaque individu pourrait constituer une énorme base de données sur les molécules qu’il est susceptible de rencontrer au cours de sa vie.

–          La sophrologie, qui est basée sur l’évocation d’images mentales, a montré son efficacité dans la maîtrise d’un certain nombre de troubles ou plus simplement dans la pratique de l’hygiène mentale courante.

Il conviendrait d’élaborer des protocoles expérimentaux pour réfuter (au sens de Popper) ces hypothèses. L’activation de la mémoire du corps serait-elle observable par l’IRM ?

Si cette technique de prise virtuelle de médicaments pouvait se vérifier pour certains troubles ou pour l’hygiène courante, elle offrirait probablement l’avantage d’éliminer les effets secondaires des médicaments conventionnels. Elle pourrait accompagner des traitements de longues durées ou simplement l’hygiène courante.

Les chercheurs ont à nouveau le droit de s’intéresser aux champignons hallucinogènes qui produisent notamment la psilocybine. Selon la presse (Le Monde du 29 octobre 2011), cette substance permet de réaliser en toute sécurité en laboratoire des états mystiques profonds et bénéfiques dans certains cas. Les substances hallucinogènes sont utilisées depuis la nuit des temps, notamment par les chamans. Elles conduisent à des états modifiés de la conscience qui sont parfois bénéfiques à courts et à longs termes en agissant sur les trois dimensions de l’être : le corps, le cerveau, le cœur. L’ingestion sans risque de ces drogues demande cependant une très bonne connaissance des dosages. La prise virtuelle par la représentation mentale devrait éviter les risques. Cette prise virtuelle de substances hallucinogènes conduirait à des effets analogues à ceux de la méditation ou de la prière.

On peut observer, en toute subjectivité il est vrai, une activité intellectuelle et intuitive légèrement modifiée après la visualisation mentale et l’évocation méditative du champignon « amanita muscaria » dont le principe actif est le muscimol, une autre substance hallucinogène.

 

Il est avéré que l’ocytocine est produite dans l’organisme dans certaines situations et évocations mentales. L’ocytocine, une hormone sécrétée par le cerveau des animaux, est impliquée dans les processus empathiques allant de l’accouchement à toutes les formes d’altruismes (attachements mère-enfant ou individu-groupe ou amoureux), y compris le fanatisme et certaines violences. Il préside aux quatre composantes antiques de l’amour : éros (reproduction), storgê (famille), philia (lien social), agapé (pur amour).

L’ocytocine semble avoir été repérée dans des fossiles d’animaux vieux de quelque 700 millions d’années selon le pharmacologue Marcel Hibert. L’existence de cette ocytocine, longtemps avant l’arrivée de l’homme, indique que des formes d’empathies et de sens du beau sont consubstantielles à la vie.

Les rituels amoureux, religieux, politiques ou sportifs sont de nature à favoriser la sécrétion de cette ocytocine.

Le recueillement face à des icônes religieuses, les pratiques des guérisseurs induisent des productions d’hormones susceptibles d’entrainer des guérisons d’apparence miraculeuse. Certaines pratiques magiques agissent sur la production d’hormones qui sont de nature à modifier plus ou moins spectaculairement les métabolismes, les comportements, les perceptions de la réalité ou les intuitions.

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