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L’univers que nous percevons est de dimension trois. Les mathématiques permettent de concevoir des espaces de dimensions de nombre supérieur, y compris des nombres non entiers pour les fractales, voire de nombres négatifs, ce qui a priori parait absurde.

Le cube à trois dimensions est un carré lorsqu’il est placé dans un univers à deux dimensions, un segment de droite dans un univers à une dimension, un point à zéro dimension. La sphère passe de la même manière à un cercle, un segment de droite ou à un point selon la dimension de l’espace. Les cubes ou les sphères de dimensions supérieures à trois sont difficilement visualisables par notre esprit hors des formules mathématiques. On peut les projeter sur un plan, comme on peut le voir dans les articles de Wikipedia n-sphère ou sur les hypercubes.

Projections d’une 4-sphère, d’un 4-cube et d’un 9-cube selon Wikipédia

Par la technique de la perspective, notre cerveau réussit à reconstituer les trois dimensions d’une image représentée dans un plan de dimension deux.

Lorsqu’un objet quelconque à trois dimensions traverse un plan, il est difficile pour un être y vivant à deux dimensions de connaître cet objet dans sa totalité. Il en de même pour nous qui voyons le monde à trois dimensions, alors qu’il ne s’agit peut-être que de la projection d’objets de dimensions supérieures. Les dimensions supplémentaires provenant d’un univers à n dimensions et apparaissant dans  notre univers à trois dimensions sont le temps mais peut-être aussi l’énergie, l’information, voire la spiritualité.

Cet univers à n dimensions avec des objets à n-dimensions, s’il existe, a-t-il existé de toute éternité ? Ou bien se créerait-il alors progressivement par son passage dans notre monde à trois dimensions.

Les dimensions se construisent-elles progressivement depuis le Big bang de dimension zéro lorsqu’ont émergé progressivement le temps, les trois dimensions de l’espace et peut-être déjà les dimensions de l’esprit ?

On pourrait construire une vision de notre univers actuel comportant les dimensions suivantes :

–          trois dimensions d’espace dans lesquelles évolue la matière

–          une dimension du temps

–          des dimensions de rationalités logiques (physique, chimique, biologie, neurobiologie)

–          des dimensions d’empathie, de sensibilité (arts, attirance, beauté)

La matière « est » donc dans un espace à trois dimensions et elle évolue sous l’impulsion des dimensions supplémentaires du temps, de la raison et de l’empathie. Ces objets sont immatériels dans l’espace à trois dimensions, mais peut être de nature encore différente dans des espaces de dimensions supérieures.

Un certain nombre de phénomènes naturels ou de la vie courante se passent comme s’ils étaient « pensés » et « structurés » dans un monde possédant des dimensions supplémentaires au nôtre.

Voici quelques exemples possibles.

–          Les hasards des rencontres ne semblent pas toujours des hasards. De curieuses synchronicités entre événements apparaissent de manière sporadique. C.G. Jung a traité de ces synchronicités.

–          Notre cerveau pense à notre insu autant par les gestes réflexes qu’en amont de la création scientifique ou artistique.

–          Notre organisme gère ses métabolismes à notre insu.

–          Les effets placebos ou nocebos des médicaments, des environnements, des personnes.

–          Les élans d’empathie ou sexuels entre les personnes.

–          Les propensions au bonheur ou au malheur des individus.

–          Les propensions à la paix ou à la violence des groupes ou des sociétés.

–          L’élaboration du cosmos et des êtres vivants. Les complexités des écosystèmes et du vivant sont telles que ceux-ci ne peuvent pas ne pas avoir été pensés.

–          L’apparition d’un ordre émergeant lorsque des systèmes interagissent suggère que cet ordre pourrait préexister dans d’autres dimensions.

–          La beauté et la vérité semblent provenir d’un ordre transcendant. Le mal aussi.

Il semble que des systèmes cognitifs sont à l’œuvre à différentes échelles de tailles, de temps et d’organisations du monde. Notre conscience humaine ne fait que les entrevoir. Elle peut les imaginer sans les comprendre vraiment, puisque probablement tous ces systèmes cognitifs répartis peuvent fonctionner selon des logiques différentes. Leur impact sur notre monde est souvent incompréhensible.

Les religions, depuis les époques les plus reculées du chamanisme, ont donné divers noms à ces systèmes cognitifs semblant régir notre réalité personnelle ou collective : esprits, anges, dieux. Les métaphores terrestres servent de représentation de ces réalités d’autres dimensions. Les sciences ésotériques (astrologie, spiritisme, divinations, magie, etc.) ont élaboré des protocoles et des rites censés permettre d’interpréter ou d’influencer ces dimensions parallèles à notre réalité.

Les sciences dures et molles ont élaboré des modèles explicatifs en ouvrant des horizons sans fin de questionnements.

La sagesse de la « bonne vie » consiste peut-être à apprendre à vivre avec ces dimensions partiellement dissimulées et interagissant avec la réalité du monde. Au niveau individuel, il s’agit de vivre en aménité avec son propre corps et sa psyché qui fonctionnent selon des logiques spécifiques intégrant des rationalités et des affects mémoriels. La transcendance vers d’autres dimensions est partiellement accessible à travers l’art, des rituels religieux, la méditation, la réflexion, l’érotisme. Donc, par le corps, le cœur et le cerveau.

Lors de notre passage dans la vie sur terre, nous construisons peut-être quelque chose dans d’autres dimensions qui peut-être nous survivra.

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