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Chakras du cosmos

 De la matière à la transcendance

 juillet 2013

Plusieurs articles ont été consacrés précédemment à ma conception des chakras. Dans ma représentation il s’agit de sept points symboliques, n’ayant pas nécessairement de réalité fonctionnelle physiologique, répartis depuis le bas de l’abdomen jusqu’au sommet du crâne. Ils servent de repères pour la fixation de l’attention au cours de la méditation sur les grandes fonctionnalités de l’Etre dans le cosmos. Celles-ci conduisent l’Etre de la minéralité à la transcendance en passant par de multiples formes de la matière et par de multiples modes de régulation et d’interactions avec l’environnement. Ces fonctionnalités sont en résumé les suivantes.

–        La matière, le sacrum

–        La nourriture, les intestins

–        La régulation, le plexus

–        L’empathie, le cœur

–        La participation au monde, la gorge

–        La raison, le cerveau

–        La transcendance, le sommet du crâne

Ces sept fonctionnalités sont en fait intriquées, interconnectées et inter-agissantes. Chaque fonctionnalité contient les autres, à la manière fractale. C’est ce que je vais tenter d’illustrer.

La matière

Différents modes d’Etre sont à l’œuvre dans la nature : la matière minérale, le vivant, l’esprit. La technologie, les œuvres, les concepts et les organisations  humaines, que j’appellerai les artéfacts humains, constituent un nouveau type d’organisation de la matière et de l’esprit. Chacun type existe et évolue à différentes échelles de tailles, de temps et d’organisation.

Le minéral connu se déploie de la taille des particules élémentaires à l’univers entier sur une centaine d’échelles de grandeurs. La temporalité des phénomènes mis en jeu connait des échelles de grandeurs analogues. Aux extrémités de ces échelles, les zéros et les infinis de l’espace, de la matière ou du temps posent des problèmes insolubles à l’intelligence humaine. Sont-ce de simples inventions des l’esprit ou de réalités concrètes ? A part les nommer, l’esprit humain est-il en mesure de connaître le zéro ou l’infini ?

Les modes de fonctionnements de la matière sont dépendants du type, de la taille et de la temporalité. Les avancées scientifiques en révèlent la complexité. La matière est soumise à des champs (gravitationnels, électromagnétiques, nucléaires, faibles), elle se présente sous forme d’énergie, d’ondes, d’objets contondants. Elle peut se structurer sous différentes phases (solides, liquides ou gazeuses), sous formes de cristaux, de structures géologiques, de systèmes planétaires ou galactiques, d’étoiles incandescentes, mais aussi de vivant.

Le vivant, à ce jour, n’a été identifié que sur la planète terre. Vu la taille de l’univers et ses centaines de milliards de milliard d’étoiles, il serait surprenant que la vie n’existe pas ailleurs à d’utres échelles de tailles ou de temporalité. Sur terre le vivant est un mode particulier émergeant de la chimie du carbone. Il se déploie de la taille du microorganisme à l’écosystème dans son ensemble. La frontière entre le vivant et le minéral ne semble pas nette au niveau microscopique. Les temporalités du vivant vont de celles des métabolismes physiologiques à la durée de vie des individus, des espèces et à celle du vivant dans son ensemble.

L’esprit est la part immatérielle qui préside au fonctionnement du cosmos dans ses dimensions minérales et vivantes. Il semble difficile de le caractériser entièrement. Il appartient à une dimension parallèle à celle de la réalité matérielle tout en interagissant avec elle. Cette part immatérielle est constituée de raison, de procédure, de lois de la nature, d’empathie, de mémoire, de champ des possibles, de hasard. Elle ordonne et fait évoluer la matière et le vivant.

Les temporalités des phénomènes, matière, vivant, esprit, artéfacts humains, sont imbriquées. Elles connaissent des cycles notamment de structuration et de déstructuration. En fonction de la taille et de la complexification, il apparait des ordres émergents accompagnés de modes de dépendance entre l’ordre émergent et les ordres sous-jacents. Le fonctionnement du soleil est dépendant de celui de l’atome d’hydrogène. L’émergence de la vie est dépendante du carbone fabriqué dans les étoiles. 

La matière sous les formes indiquées existe et évolue avec et grâce aux six autres fonctionnalités. Elle se nourrit en absorbant, en partageant, en transformant et en rejetant de la matière, de l’énergie et de l’information. Elle est régulée par des processus spécifiques à chaque niveau d’organisation. L’empathie semble jouer un rôle même au niveau du minéral sous forme d’attraction et de répulsion, de beauté, d’ordre géométrique. Chaque objet du cosmos de l’infiniment petit à l’infiniment grand « dit » quelque chose et contribue au reste. Chaque objet est régi par des raisons, par des logiques spécifiques. Il est ainsi mis au service d’une transcendance qui souvent lui échappe.

La nourriture

Le flux d’énergie et d’information à travers la matière structurée semble un phénomène universel. Pour le vivant cela est évident, les plantes, les animaux se nourrissent de matière sous forme solide, liquide, gazeuse et lumineuse. Ils reçoivent de l’énergie et des informations qu’ils transforment et rejettent pour servir de nourriture à d’autres espèces. Le cycle de nourriture du vivant sur terre est fermé et fonctionne depuis l’apparition de la vie. Dieu n’a pas seulement dit : « aimez-vous les uns les autres », mais aussi : « mangez-vous les uns les autres ». La matière inerte connait également des cycles. Sur terre, il s’agit des cycles de l’eau, du carbone, de la tectonique, du volcanisme. Au niveau cosmique, il s’agit de la fabrication d’atomes, des transferts de matière et d’énergie par les étoiles, les poussières, les rayons cosmiques.

Dans le domaine de l’esprit chaque être reçoit, transforme et restitue en permanence des informations.

Toutes ces formes de nourriture intègrent des aspects des fonctionnalités des chakras mentionnées. Elles participent à la régulation des systèmes. Elles manifestent les dépendances réciproques dans le  cosmos. Elles permettent à chaque acteur d’apporter sa contribution à l’ensemble. Elles relèvent de raisons spécifiques. Plusieurs religions associent des rites sacrés à la nourriture indiquant la transcendance.

La régulation

Toute matière, toute vie, tout processus cognitif sont soumis à des processus de régulation assurant l’équilibre entre des contraires et l’homéostasie permettant la survie du système pendant un certain temps. Cette régulation intervient dans la phase de développement, puis dans la phase de stabilité relative et dans le déclin de l’Etre. L’Etre représente en fait une phase de stabilité relative momentanée d’un ordre émergent. Il en est ainsi des galaxies, du système solaire, des configurations géologiques, de l’écosystème, de l’individu vivant, de la culture humaine, des sentiments, des dieux, qui naissent, grandissent et disparaissent avec des logiques et des temporalités spécifiques.

Les processus de régulation sont complexes, non linéaires, imbriqués, spécifiques à chaque système. Ils constituent un méta-ordre.

L’organisme vivant fonctionne grâce à plusieurs mécanismes agissant en parallèle. Ainsi la plupart des métabolismes de notre organisme échappe à notre conscience. Mais notre conscience est indispensable à notre survie et à celle de l’espèce pour la recherche de nourriture, pour la sécurité, pour la reproduction.

L’empathie

L’empathie, c’est-à-dire, l’attirance, la répulsion, l’amour, la haine, la capacité de penser l’altérité n’est pas le propre de l’homme, selon mon hypothèse. Elle participe sous de nombreuses formes à la régulation du monde. Il parait peut-être excessif de parler d’empathie dans le cas de l’attraction universelle qui préside aux mouvements des planètes ou des champs qui assurent la stabilité de la matière. Pourtant toute régulation est affaire d’attraction et de répulsion et d’équilibre entre les deux. Selon les physiciens, si le rapport des forces d’attraction gravitationnelle et de répulsion électromagnétique était différent à la quinzième décimale, l’univers serait ou entièrement dilué ou entièrement ratatiné.

La couleur des cristaux, des plantes, la beauté des paysages, des formes géométriques ont existé en dehors du regard humain. Nous ne savons pas grand-chose du rôle de la beauté dans la nature considérée comme non humaine voire inerte.

Les systèmes transforment et échangent leur nourriture également sous forme d’empathie.

L’empathie constitue un système d’échange spécifique. Elle fait appel à l’amour, à la séduction, au don gratuit. Elle constitue le lien profond qui donne sa cohérence et son sens au monde. Elle est instrument de régulation du psychisme individuel comme des identités collectives, de l’ordre social et des pouvoir qui régissent ceux-ci.

La participation au monde

Chaque Etre dans l’univers est dépendant de l’ensemble des autres. La multiplicité des êtres, fait que l’univers n’est dépendant d’aucun d’eux en particulier. La nature s’appuie sur la multiplication à l’infini des atomes, des êtres. Cette multiplicité assure la redondance et la robustesse des systèmes. Elle favorise aussi les rencontres avec l’altérité et donc les combinaisons utiles à l’exploration du champ des possibles. Chaque être au cours de son existence apporte une pierre à l’édifice de la création et y trouve ainsi sa place.

 

La raison

Un système cognitif permet une représentation du monde matériel dans une dimension immatérielle. Les deux mondes fonctionnent de manières quasi similaires. Cela permet notamment de représenter mathématiquement certains phénomènes naturels ou de fabriquer des objets technologiques qui fonctionnent. Le moteur électrique est la preuve de la justesse, du moins à une certaine échelle, de la théorie électromagnétique.

Les raisons sont multiples et sont spécifiques aux échelles de tailles, de temps et d’organisation de la matière ou de l’esprit. Les atomes, les molécules, les astres, les êtres vivants, les cerveaux, les machines, les savoirs d’origines humaines ont tous des modes spécifiques de fonctionnements logiques. La raison détermine les modes de régulation des systèmes.

Les méta-raisons intègrent différentes raisons qui peuvent être complémentaires ou antagonistes. Les intérêts individuels et collectifs souvent antagonistes à une échelle de temps ou d’organisation donnée. La méta-raison a aussi fait dire à Pascal que « le cœur a ses raisons que la raison ignore ».

La transcendance

La transcendance relève du métalangage et du sens des choses. Il ne semble pas sûr que l’homme soit le seul être à savoir qu’il sait (ou qu’il ne sait pas) ou à pouvoir imaginer ce que l’autre pense. Les animaux se protègent contre les prédateurs ou déjouent les stratégies de protection de leurs proies en intégrant dans leurs comportements ceux des autres.

Les humains ont probablement inventé les dieux face à l’angoisse générée par l’abyme infini des interrogations induites par le méta-savoir. Ces dieux sont aussi des artéfacts qui servent à structurer le monde matériel.

La transcendance est souvent instrumentalisée par des pouvoirs, politiques, religieux, sociétaux ou intellectuels. Même les pires barbaries dans l’histoire ont été justifiées par des objectifs transcendants.

La matière dans son exploration du champ des possibles, qui permet de structurer le cosmos, la terre, le vivant, semble poursuivre une finalité, ce que nient les scientifiques purs et durs. Les complexions viables dans le champ des possibles relèvent de la transcendance. C’est un ordre au-dessus de l’ordre des choses qui dit que cette complexion est possible et viable. La nature profonde de ce méta-ordre du champ des possibles m’échappe. Tout comme le néant ou l’infini, je peux le nommer sans connaitre le pourquoi profond de la cohérence du monde.

L’éthique relève à la fois des mécanismes de régulation à long termes des sociétés humaines et de la transcendance. Elle est à la fois utilitaire et une valeur en soi.

La transcendance nous invite à la modestie, car elle relève de l’infini que notre cerveau est incapable d’appréhender.

 

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