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L’essentiel de nos fonctions physiologiques échappent à notre conscience. Les processus vitaux se déploient dans notre organisme à différents niveaux d’organisation allant des atomes, aux protéines, aux cellules et aux organes. Nos organismes fonctionnent aussi grâce à leur environnement qui leur fournit nourriture et énergie. Notre conscience sert avant tout à évoluer dans cet environnement pour la recherche de nourriture, de sécurité et de rapports sociaux. La culture est une retombée collatérale de ces besoins élémentaires. Des formes de conscience existent aux différents niveaux de ces organisations. La séparation de ces consciences en des architectures imbriquées est une exigence fonctionnelle. Un organisme ne pourrait pas fonctionner si une conscience centrale devait régenter chacune de ses centaines de milliards de cellules.  

Le moi d’une personne est constitué de la partie dont il a conscience sur laquelle il peut agir,  d’un être intérieur et d’un être extérieur sur lesquels ses possibilités d’action sont très limitées. Le moi conscient possède des capacités limitées pour réguler ces trois niveaux qui le constituent que sont l’être intérieur, le moi conscient lui-même et le monde extérieur.

La régulation du corps conscient c’est la vie de tous les jours : se nourrir, bouger, parler, voir, écouter, etc. L’individu est relativement maître de cette régulation.

La régulation de l’être extérieur repose sur la manière avec laquelle l’individu interagit avec son environnement par son travail, ses rapports sociaux, ses interactions avec la nature, son champ culturel, son espèce animale. Cette régulation est partiellement visible et caractérisable pour chaque individu.

La régulation de l’être intérieur semble plus difficile à circonscrire et c’est plutôt l’être intérieur qui régule l’être conscient par des signaux de bien-être, de faim, de malaise, de mal être, de douleur ou des maladies.

Cet être intérieur est aussi tributaire de l’être conscient. C’est ce dernier qui approvisionne  l’énergie nécessaire au fonctionnement de l’organisme, qui en assure la protection contre le froid, qui en assure l’hygiène ou la reproduction de l’espèce. L’action consciente de la personne est grandement responsable de son état de santé.

L’être intérieur régule la santé de l’organisme. Il agit sur le physiologique et sur le mental. Il semble que l’organisme dans son ensemble, et non seulement le cerveau, possède des capacités cognitives constituées de captation d’informations, de mémoire, de gestion d’informations et d’action sur le physiologique. Ces capacités cognitives internes fonctionnent à l’insu de notre conscience. Elles se manifestent spécifiquement par des actions physiologiques, comme les pulsions, la faim ou la douleur.

L’être conscient n’est pas entièrement esclave de l’être intérieur ou extérieur. L’éducation, le respect des codes moraux et sociaux contribuent à maîtriser les pulsions de violences, d’égoïsme ou sexuelles de l’être intérieur. Par sa responsabilité citoyenne l’individu peut contribuer à faire évoluer l’environnement social.

L’harmonie du corps, de l’esprit et de la société est le maître mot des philosophies orientales. L’harmonie entre le corps et l’esprit peut être recherchée à travers les pratiques de méditations et religieuses ; elle est tributaire de l’hygiène physique et mentale et du bien-être social. L’harmonie sociale est tributaire des institutions étatiques et religieuses ainsi que les codes éthiques. Ces harmonies sont des idéaux jamais atteints.

L’harmonie souffrira toujours de maladies individuelles ou collectives, de l’inégalité entre les humains. Les dysfonctionnements traduisent la fragilité qui stimule l’intelligence du monde.

Les inégalités semblent utiles, éventuellement nécessaires, au maintien de la dynamique sociale. Il faut cependant qu’elles restent limitées, qu’elles ne constituent pas une fatalité pour les individus. Il faudrait qu’elles restent acceptables en raison de l’autorité morale et non de la violence du pouvoir (l’autoritas et non la potestas) des favorisés.

 

L’harmonie d’un organisme individuel ou social ou de la synergie d’une multitude d’organismes semble relever de l’intégration de plusieurs fonctionnalités représentées de manière métaphoriques par les sept chakras de la philosophie orientales. Ces fonctionnalités, pour rappel, sont : la terre (le substrat), la nourriture (la transformation de l’énergie), la régulation de l’organisme, l’empathie, la parole (l’action de l’organisme sur l’environnement), la raison, la transcendance. Ces fonctionnalités animent l’être intérieur, l’être conscient et l’être extérieur. Elles sont les constituants fondamentaux de l’élan vital ou de l’énergie Qi de la philosophie orientale qui animent l’ensemble de la création.

L’énergie des physiciens, qui s’exprime en joules, n’est sans doute qu’une partie de la nature profonde de l’énergie Qi. Celle-ci anime l’ensemble des fonctionnalités symbolisées par les chakras. La physique permet de formaliser les deux premières fonctionnalités relatives à la matière et à la transformation de l’énergie. Les cinq autres fonctionnalités allant de la régulation à la transcendance ne sont que partiellement saisissables par notre conscience. Ce sont des fonctionnalités émergentes du Qi.

 

L’énergie Qi symbolise l’unité profonde à toutes les échelles de taille, de temps, d’organisation et de fonctionnalité de la création.

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