Hypermonde

13/02/2014

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 La plupart des animaux possèdent une certaine représentation mentale de l’environnement qui leur permet de  trouver leur nourriture et de se reproduire. Cette représentation est forgée à partir des sens et des expériences mémorisées dans leur génome et dans leurs neurones. Ces expériences sont, pour les espèces les plus évoluées, assorties de sentiments de peur, de plaisir, de douleur, d’agressivité, de sympathie, de soin mutuel, de besoin de grégarisme. Selon les éthologues certains animaux pratiquent des formes de cultures transmissibles par des coutumes, des rites, des techniques de construction d’abris, de chasse, de soins aux nourrissons, de parades nuptiales.

Savoir qu’il sait ou savoir que l’autre sait, c’est-à-dire le métasavoir, est souvent considéré comme le propre de l’homme. Des expériences de laboratoire avec des singes ou des oiseaux semblent montrer que certains sont capables de mentir pour tromper la proie ou le congénère afin de s’approprier la nourriture. Même les fleurs sont capables de mimer visuellement ou olfactivement pour attirer insectes pollinisateurs ou en éloigner les indésirables. L’explication scientifique standard de ces comportements repose sur l’élaboration de mécanismes sélectionnés au cours de l’évolution et elle exclut souvent toute forme d’intelligence chez les plantes ou chez les animaux.

 

Les capacités cognitives humaines semblent exister pour la plupart à l’état élémentaire chez les animaux les plus évolués. Le cerveau humain, surdimensionné par rapport au poids du corps, ainsi que l’usage des mains, la station debout, ou le développement du langage constituent les outils du saut qualitatif de la conscience.

Le cerveau humain a accès à des formes de conscience et de connaissance qui, sauf preuve du contraire, échappent au restant de la nature. Il sait représenter mentalement le monde au-delà de son environnement immédiat, il sait le modéliser par des mathématiques ou de la littérature. Pour cela il utilise ses cinq sens, des instruments de mesure capables d’explorer l’infiniment petit et l’infiniment grand au-delà des capacités de ses sens naturels. Les rayonnements électromagnétiques, détectables avec des instruments, sont porteurs d’informations qui, hormis la lumière visible, échappent aux sens naturels. L’homme sait forger des concepts et des modèles de pensée.

Les animaux semblent limités dans leurs capacités cognitives par les champs restreints de leurs sens, même si certains, contrairement à l’homme, voient les rayons ultraviolets, entendent les ultrasons ou ressentent des champs magnétiques. Beaucoup d’animaux rampants vivent dans un monde à deux dimensions, la troisième dimension ne leur est accessible que de manière limitée. Les vers, qui rampent dans des espaces à deux dimensions, explorent de manière très partielle la troisième dimension en grimpant aux plantes. Un ver de terre dans une forêt, même s’il était doté d’un cerveau humain, ne pourrait probablement jamais concevoir l’existence du vaste cosmos qui agit sur lui.

 

Les limites de notre espace à trois dimensions.

Par analogie, on peut se demander si notre condition humaine, confinée dans un monde à trois dimensions et dans le temps, ne limite pas la perception de la réalité qui pourrait posséder des dimensions supplémentaires.

Certains astrophysiciens stipulent l’existence de multivers, c’est-à-dire d’univers parallèles.

Certains autres physiciens ont proposés  la théorie des cordes pour expliquer les comportements des particules élémentaires. Les cordes seraient des objets microscopiques se déployant dans des espaces d’une dizaine de dimensions.

 

Ces dimensions supplémentaires constituent un ailleurs non perceptible par nos sens dans notre monde limité à trois dimensions. Elles sont le vide et le néant chez nous, alors qu’elles peuvent être peuplées chez elles.

 

L’hyper-monde

Alors je me demande si l’esprit qui anime la matière inerte ou vivante n’émane pas de telles dimensions supplémentaires. Ainsi avec notre cerveau, nous explorons les dimensions où réside l’esprit. Peut-être comme le ver explore la troisième dimension.

Cet esprit intervient dans le fonctionnement du monde visible. Il en est la logique créatrice et régulatrice.

Ce monde hyper-dimensionnel, les hommes l’ont perçu, célébré, utilisé, analysé, raconté depuis la nuit des temps. Pour les chamanes, c’est le monde des esprits ou des morts, pour les déistes c’est Dieu. Erwin Laszlo parle de champ akashique, Rupert Sheldrake de champ morphogénétique. La parapsychologie relèverait de ce monde.

Je formule l’hypothèse que le monde matériel à trois dimensions est en fait animé par un hyper-monde d’où émanent ses logiques fondatrices, la raison et l’empathie.

 

La matière de l’univers se crée en permanence par les fluctuations de cet hyper-monde qui nous parait comme vide puisqu’il relève d’autres dimensions. On n’a peut-être pas besoin de l’hypothèse du big bang pour représenter l’expansion de l’univers. La matière et l’espace émergent peut-être en permanence et en tout lieu de ces dimensions invisibles. Ce qui donne l’impression d’une expansion et amène à penser que l’univers était un point à l’origine.

 

L’évolution de la matière, celle du vivant, celle de l’esprit à travers les millions de siècles conduit peut-être à l’unification du monde et de l’hyper-monde, de la matière et de l’esprit. 

 

Les fondamentaux de la mécanique quantique qui s’appliquent au monde des  atomes, des particules élémentaires apparaissent étranges dans le monde à notre échelle de taille et de temps. La dualité onde-particule, le principe d’incertitude, la superposition quantique, l’intrication quantique ou encore la non-localité sont des concepts qui pourraient en fait traduire l’existence d’un hyper-monde.

 

L’hyper-monde est celui d’où émanent la beauté, l’amour, la spiritualité, la géométrie, les mathématiques, les logiques, la musique, la poésie, les émotions, peut-être les phénomènes paranormaux. Il est l’essence des grandes fonctionnalités symbolisées par les sept chakras à savoir : la matière, transfert d’énergie et d’information, la régulation des organismes, les rapports d’empathie, l’apport de chaque organisme à son environnement, la raison et la transcendance.

On peut noter que les mathématiques ont introduit des concepts comme le zéro ou les nombres imaginaires qui font appel à l’existence d’hyper-dimensions.

Le cerveau humain entre en rapport avec l’hyper-monde quand il raisonne, calcule, aime, crée, médite ou prie. Les états de conscience modifiée par les drogues ou les rites chamaniques permettraient d’entrer en contact avec les entités peuplant l’hyper-monde, c’est en tout cas la conviction de ceux qui ont essayé ces pratiques. Les guérisons miraculeuses sont peut-être élaborées d’abord dans l’hyper-monde.

L’humanité dans son ensemble est un cerveau collectif qui raisonne, calcule, aime, crée, médite ou prie collectivement.

L’hyper-monde englobe l’ensemble de l’univers et chaque être en particulier y est associé personnellement. Le Dieu créateur de l’immense univers s’occuperait aussi du destin de chacun. Le temps est aboli.

Le Prix Nobel 1993 de chimie Kary Mullis a déclaré que ses découvertes scientifiques ont été faites grâce à la consommation de LSD.

Cet hyper- monde fonctionne avec des langages spécifiques. Le hasard ici émane d’un déterminisme là-bas. La complexité ici est limpide là-bas.

La modernité, avec notamment l’internet et la culture de masse, favorise le fonctionnement du cerveau collectif, avec ses heurs et ses malheurs. « C’est un don de Dieu », dirait le pape François.

 

La complexité d’un organisme vivant de même que de l’ensemble de l’éco-système est orchestrée par un hyper-monde.

 

«Car nous ne sommes pas des Êtres humains vivant une expérience spirituelle… Nous sommes des Êtres spirituels vivant une expérience humaine» (Pierre Teilhard de Chardin)

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