Psicotronica11/11/2014

Arte vient de diffuser le 7 novembre 2014 un film sur l’effet placebo. L’effet placebo a désormais droit de cité parmi les études sur l’effet de médicaments ou de pratiques magiques dans les guérisons de maladies. Habituellement l’effet est attribué aux croyances du patient, or il s’observe également lorsque celui-ci sait qu’il s’agit d’un placebo. L’efficacité du placebo est avérée également avec les bébés ou les animaux.

Personnellement l’effet placebo a été observé au moins deux fois dans ma vie. Vers 30 ans, un médecin du travail avait diagnostiqué un souffle au cœur après avoir vu les analyses de mes triglycérides. Du coup pendant plusieurs mois, j’ai ressenti des douleurs dans la cage thoracique, malgré la conviction que j’avais qu’il s’agissait d’un effet « nocebo » ou à une « névrose cardiaque » décrite dans un ouvrage que je m’étais procuré sur le sujet. Les douleurs ont disparu par enchantement après l’examen par un spécialiste cardiologue qui déclara que je n’avais aucune pathologie et que le médecin du travail n’y connaissait rien.
La seconde fois vers 65 ans, un trek vers le Kilimandjaro m’angoissait à l’idée que je ne serai pas en mesure d’affronter l’altitude de 6000 mètres. Les mois précédents, j’eus plusieurs fois des douleurs dans le bras et dans la poitrine. J’ai consulté un médecin généraliste auquel j’ai dû faire part des antécédents familiaux, dont mon père qui avait subi un pontage cardiaque à cet âge. « Ne cherchez pas, c’est héréditaire. Je vous envoie chez un cardiologue », décrta le médecin. Les douleurs se poursuivirent en attendant le rendez-vous chez le cardiologue. Celui-ci me fit subir un test d’effort qui s’avéra normal et il déclara que je pourrai escalader le Kili sans problème, peut-être pas un 7000. Là aussi les douleurs disparurent par enchantement. Et l’ascension du Kili se passa plutôt bien.

Dans les deux cas, il semble que ce soit l’autorité morale, la compétence reconnue, l’objectivation du spécialiste qui ont agi non pas tant sur ma raison consciente, mais plutôt sur une instance intérieure plus profonde du cerveau. En effet ma raison consciente dans les deux cas savait, mais n’en était pas tout à fait sûre, que les douleurs étaient dues à l’angoisse. Après les diagnostics des spécialistes, la raison consciente gardait toujours un certain doute, mais tout se passa comme si l’instance intérieure s’était laissée convaincre par eux. Ces spécialistes n’étaient pas particulièrement sympathiques, ils fonctionnaient essentiellement sur le mode technique. J’avais eu besoin d’un rituel de l’examen médical pour objectiver l’absence de pathologie.

Je postule l’existence d’un être intérieur au-delà de notre conscience, qui pourrait être à l’origine et conditionner l’effet placebo. De toute façon, l’essentiel de nos fonctions physiologiques et mentales échappent à notre conscience. Cet être intérieur, qui s’apparente au système nerveux végétatif , chargé des fonctions automatiques de l’organisme, semble posséder une intelligence propre. Il entretien des échanges d’informations avec le cerveau conscient.

Les échanges entre la conscience et l’être intérieur semblent se dérouler selon les trois instances que j’ai souvent évoquées : la matérialité, la raison et l’empathie ou en d’autres termes l’énergie, l’information et l’affect. Pour que l’être intérieur puisse remplir ses fonctions de régulation de l’organisme il faut que les conditions matérielles soient assurée : nourriture, intégrité des organes, transformation de l’énergie. Il faut que les logiques fonctionnelles soient maintenues par des échanges d’informations. Il faut une certaine dose d’empathie, d’élan de vie, de partage.
Les moyens de dialogue de l’être conscient avec l’être intérieur reposent sur des actes concrets ainsi que sur de l’immatériel. Le concret, c’est la nourriture, l’activité physique, les soins du corps, la sexualité, les rites. L’immatériel, c’est la raison, la culture, la beauté, l’amour, la méditation, la spiritualité, la narration (story telling). On peut raconter des histoires à l’être intérieur…
La parole d’un maître extérieur semble également avoir un impact sur l’être intérieur. Le guérisseur, le chamane, le prêtre, le médecin, le gourou, le psychanalyste dispensent parfois une autorité charismatique suffisante au cours de rituels pour initier des processus d’auto-guérison.

La conscience ne doit pas vouloir dominer et régir l’être intérieur. Une posture d’humilité de la conscience et plutôt de complicité avec l’être intérieur semble plus favorable au dialogue notamment au travers de la méditation.

Je postule également que cette dualité d’être conscient et d’être intérieur existe aussi au niveau collectif. Une grande partie du fonctionnement des sociétés n’apparaît pas au grand jour, même si chaque partie relève d’une conscience propre. Cependant un inconscient collectif émerge des multiples consciences propres des parties. Les groupes possèdent aussi un « système végétatif » qui régit leurs automatismes. Cet inconscient collectif peut entrainer des mouvements collectifs, des modes de fonctionnement spécifiques et il peut tomber malade comme un organisme individuel. Des transes collectives embrasent de temps en temps les groupes humains, allant de la ferveur religieuse ou footballistique à des conflits armés.

Les sciences sociales cherchent à comprendre ces mouvements collectifs. Mais sauront-elles guérir un jour les flambées de populisme, de violence, de barbarie, de peur ? Il semble que ces flambées doivent souvent s’épuiser d’elles-mêmes et s’auto-détruire. La raison n’est pas toujours suffisante.

Il semble que les religions traditionnelles à travers des rituels plus ou moins magiques aient parfois su animer le fond de l’être intérieur des sociétés comme celui des individus.

reiki-chakrasLes êtres intérieurs et conscients, individuels ou collectifs, sous soumis aux mêmes fonctionnalités dont les sept chakras de la spiritualité orientale peuvent représenter les métaphores.
– 1. Ces êtres sont issus du substrat matériel de la terre. Ils sont des avatars de la matière.
– 2. Leur énergie provient de la transformation de la matière. Ils sont nourris et nourrissent les cycles de la matière et de l’énergie.
– 3. Ils sont soumis à des systèmes de régulation qui maintien leur homéostasie, leur pérennité.
– 4. L’empathie entre le conscient et l’inconscient, entre l’individuel et le collectif participe à la régulation des organismes.
– 5. Ils reçoivent et fournissent des informations avec l’altérité.
– 6. Ils sont capables de se penser eux-mêmes et de modéliser le monde.
– 7. Le sens est donné par une transcendance.

Les chackras des êtres conscients ou inconscients, individuels ou collectifs ne fonctionnent pas toujours selon les mêmes logiques, ils ont des logiques spécifiques.
Les effets placebo ou nocebo agissent à la frontière entre le conscient et l’inconscient et échappent parfois à la preuve scientifique.

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