Les chakras et l’âme du monde

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18/05/2013

Dans un précédent article, le concept de phase a été évoqué comme structurant et largement répandu dans la nature ainsi que dans nos réalités matérielle et immatérielle. Les phases de la matière physico-chimiques sont sous formes solide, liquide, gazeuse ou de vide. La phase du vide est assimilée à l’énergie pure, aux principes immuables de la création, à la transcendance. Les phases peuvent aussi être temporelles, notamment circadiennes, saisonnières ou aléatoires notamment chez les êtres vivants. Elles sont fonctionnelles puisqu’elles caractérisent les modes de fonctionnement spécifiques des systèmes concernés.

 

D’autres articles antérieurs ont évoqué les sept chakras, concepts originaires des cultures orientales, qui sont des nœuds et passages énergétiques répartis sur l’axe du corps allant du bas ventre au sommet du crâne. La compréhension et l’interprétation que j’en ai faites est que les chakras sont essentiellement localisés en des endroits symbolisant les grandes fonctionnalités liées à notre condition humaine et probablement à celles de la création dans son ensemble. En résumé les symboles associés aux sept chakras sont les suivants :

 

Le Muladhara, situé le bras du tronc est le chakra racine. Il nous met en rapport avec la Terre dont nous sommes issus et dont nous participons partiellement à l’histoire dans les domaines de la matière et de l’esprit.

Le Swadhisthana au niveau du sacrum à proximité des intestins et des gonades est le chakra sacré. C’est le lieu du métabolisme où les nourritures de la Terre alimentent l’organisme.

Le Manipura, le chakra du plexus solaire. Situé vers le centre de gravité du corps, il représente la régulation de l’ensemble des fonctions vitales de l’organisme par les systèmes cognitifs répartis dans l’organisme (systèmes immunitaires, métabolismes, par exemple).

L’anahata, le chakra du cœur. Il représente la relation d’empathie entre la conscience et l’ensemble de l’organisme ainsi que l’empathie avec le reste du monde.

Le Vishuddha, le chakra de la gorge. Situé au droit des cordes vocales, il symbolise l’ensemble de nos paroles, de nos échanges avec le monde et nos actions sur celui-ci.

L’Ajna, le chakra du troisième œil. Situé entre les deux yeux, il représente les fonctions de raisonnement, d’intelligence du cerveau, de nos représentations mentales et de créativité.

Le Sahasrara, le chakra de la pure conscience. Situé au sommet du crâne, il représente la transcendance et nous met en relation avec les mécanismes primordiaux du cosmos.

 

La localisation de ces chakras, pour certains du moins, semble en rapport avec celle des glandes endocrines que sont : hypothalamus, hypophyse, surrénale, thyroïde, ovaire ou testicule, parathyroïde, pancréas, thymus. L’appareil endocrinien transmet ses messages grâce à la sécrétion des hormones.

 

Le propos du présent article est d’examiner comment les fonctionnalités de chacun de ces chakras se déploient en termes de phases solides, liquides, gazeuse et du vide. Ces phases sont à considérer de manière métaphorique. Elles vont du plus dur au plus diaphane, du plus rigoureux au plus flou, de la certitude à l’incertain, de l’immanent au transcendant, etc.

Notre réalité matérielle et immatérielle subit ainsi d’incessantes transformations, à l’image du cycle de l’eau sur terre. 

 

Le Muladhara, le chakra racine, nous dit que nous sommes de la matière de l’univers. Notre organisme est un savant agencement de solide, de liquide, de gazeux et d’esprit immatériel.

Le Swadhisthana, chakra sacré, nous dit que la terre nous nourrit de solide, de liquide, de gazeux et alimente notre esprit d’une infinité d’informations.

Le Manipura, le plexus solaire, participe aux différents niveaux de régulation de l’organisme par des adaptations physiques, par la circulation de matières, de fluides et d’informations.

L’anahata, le chakra du cœur, caractérise les rapports d’empathie dans le monde se traduisant par des actes concrets, des comportements, des échanges, des sentiments, des gratuités.

Le Vishuddha, le chakra de la gorge, caractérise l’action sur le monde se traduisant par les transformations matérielles, l’écrit, la parole, les services rendus, l’art.

L’Ajna, le chakra du troisième œil, caractérise les capacités cognitives de réflexion, allant de la rationalité rigoureuse, à la créativité et à la rêverie poétique. Le cerveau connaît des phases de conscience variable sous l’effet de stimuli externes ou internes, de drogues.

Le Sahasrara, le chakra de la pure conscience, caractérise les capacités de réflexivité, de symbolisation et de transcendance. Ces capacités s’appuient sur des totems, des temples, des rites, des corpus idéologiques ou religieux, la beauté pure.

 

Ces métaphores des phases solides, liquides, gazeuses et plasmas pourraient donc servir de support aux exercices de méditation et favoriser la pleine conscience et la circulation des « bonnes énergies » portées par toutes ces phases au cœur de notre nature humaine.

Nous sommes des maillons entre la matière, l’esprit et l’âme du monde.

Le zéro et l’imaginaire

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3/5/2013

En mathématique deux artifices, qui se sont avérés très féconds, ont été introduits au cours de l’histoire : le zéro et le nombre imaginaire ou complexe i= racine carrée de -1.

Wikipédia présente des articles sur ces deux concepts et en explique les usages et les implications mathématiques.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_des_nombres_complexes

http://fr.wikipedia.org/wiki/Z%C3%A9ro

Zéro est à la fois un chiffre désignant une position sur des échelles de valeurs (nombres, temps) et un nombre désignant l’absence d’objet ou de quantité. Son introduction dans l’écriture mathématique au Moyen-âge a grandement simplifié les processus de calcul des additions, multiplications, etc.

Le nombre imaginaire i=racine carrée de -1 est à la base d’une mathématique des nombres dits complexes. Elle facilite la représentation et la résolution de problèmes en optique, en électricité ou en mécanique quantique

Le mathématicien Augustin Louis Cauchy (1789-1857) est resté méfiant concernant les nombres complexes qui ne sont, selon lui, que des expressions symboliques, « une combinaison de signes algébriques qui ne signifie rien en elle-même » mais qui permet d’« écrire sous forme abrégée des résultats assez compliqués en apparence »

, la formule d’Euler (1707-1783)  euler, qui lui aurait fait dire qu’elle est la preuve que Dieu existe, indique l’intrication harmonieuse des nombres, entiers négatifs (-1), irrationnels (e et π) et imaginaire (i).

Mon propos est d’examiner si ces objets mathématiques 0 et i relèveraient de caractéristiques profondes au cœur de la réalité du monde. En d’autres termes, peuvent-ils constituer des outils de compréhension du monde au-delà des mathématiques ? Au moins sous forme de métaphores, le monde fonctionne-t-il grâce au zéro et à l’imaginaire ?

Le zéro est partout

Le soi existe par opposition au non-soi qu’on pourrait nommer le zéro-soi.

Le présent est un instant de durée nulle. Il est le passage du passé vers le futur. La conscience et la mémoire donnent une certaine épaisseur à ce présent, qui n’est plus entièrement nul.

Il n’existe probablement pas de temps zéro de création de l’univers.

Cependant pour nos modes de raisonnement et de vision du monde, il est pratique de considérer des temps zéro à l’origine des choses et des durées approximativement nulles.

Le zéro intervient dans les cycles planétaires ou biologiques, dans les processus de transformation lors des basculements de phases physiques ou temporelles.

La mort est une remise à zéro.

Le non-vouloir et le non-agir taoïstes, le vide de la méditation, l’abandon de l’action dans le sommeil constituent des passages nécessaires à la reconstitution des énergies des organismes vivants.

Les théories actuelles de la physique attribuent de l’énergie au vide. La matière émerge des fluctuations du vide.

Le zéro dans tous ces exemples semble ne jamais être le néant absolu, il est toujours le zéro de quelque chose.

L’imaginaire est partout

Le réel se construit à partir du concret et de l’abstrait, c’est-à-dire d’univers évoluant dans des dimensions différentes à l’instar des nombre réels et imaginaires.

En physique, par exemple, pour le calcul de circuits électriques comportant des résistances, capacités et selfs, on introduit les nombres complexes qui sont une combinaison de nombres réels et imaginaires (z=a+i.b ; z nombre complexe, a et b nombres réels, i = racine carrée de -1, nombre imaginaire), on effectue les opérations dans cet univers complexe et on revient à celui des nombres réels purs pour déterminer les valeurs et propriétés physiques des systèmes (tension, courant, résistance, etc.). J’entrevois dans cet exemple mathématique une analogie avec le fonctionnement des sociétés humaines et leurs mythes. Les mythes sont l’imaginaire avec ses propres règles de fonctionnement. Le processus d’élaboration de la réalité se déroule dans un espace complexe fait de réalité et d’imaginaire.

Les mythes seraient des ensembles des croyances nécessaires à l’élaboration du réel.

Les images fractales, par exemple l’ensemble de Mandelbrot, fournissent également des éléments de réflexion sur l’élaboration d’objets complexes.

L’ensemble de Mandelbrot est une fractale définie comme l’ensemble des points c du plan complexe pour lesquels la suite définie par récurrence par :mandel

Les caractéristiques de ces ensembles sont les suivantes :

          Ils sont élaborés dans une dimension complexe abstraite par itérations de cette suite.

          Leur représentation se fait par passage de l’espace des nombres imaginaires dans celui des nombres réels.

          Le processus de changement d’espace est différent de celui des itérations dans l’espace imaginaire. Il consiste à compter le nombre d’itérations avant que la suite ne diverge.

          Les structures apparaissent aux frontières entre la non divergence et la divergence immédiate de la suite et sont la représentation de la rapidité de divergence de celle-ci.

Le monde réel fonctionne partiellement à l’image de ce processus d’élaboration des images fractales : algorithme simple, complexité des résultats, algorithmes basés sur la récursivité, sur le réel et l’imaginaire ainsi que sur des logiques différentes à différents stades d’élaboration, apparition de structures réelles stables aux frontières. Les structures fractales sont quasi auto-similaires jusqu’à l’infiniment petit.

La réalité à notre niveau humain est tributaire de réalités infiniment petites et infiniment grandes, des particules élémentaires au cosmos dans son ensemble.

Ce ne sont là que quelques analogies du fonctionnement du monde réel qui est plus complexe que les images fractales. Ces images sont complexes, mais elles émanent d’algorithmes entièrement déterministes. La complexité du monde réel est, disons, plus complexe car elle fait intervenir le hasard, les interactions d’agents multiples, les retro-actions des effets sur les causes.

Histoire de l’imaginaire.

On pourrait dire que l’imaginaire a de tout temps accompagné l’hominisation de l’espèce. Les premiers signes en sont reliquats des rites funéraires qui instituent un ordre temporel en postulant un ordre au-delà de la mort. Les religions, les objets d’art, les institutions, les outils, les modes de vie reposent sur des imaginaires, du virtuel, relevant autant de croyances que de raison.

L’évolution anthropologique a dû sans cesse se frayer un chemin pour trouver le juste équilibre entre le réel concret, la raison et les croyances et virtuelles. La morale et le bon sens sont peut-être simplement l’équilibre fragile et mouvant entre le réel et l’imaginaire.

Les aléas de cette quête du juste chemin ont mené souvent vers les catastrophes du trop de réel ou du trop d’imaginaire. Les systèmes humains ont souvent tendance à enfermer leur réel dans les frontières de leur imaginaire, c’est autant le cas des personnalités égocentriques, que des systèmes idéologiques religieux ou professionnels.

Changement de phase et ordre émergent

 

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17032013 PH

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Phase

http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/phase/60161

http://fr.wikipedia.org/wiki/Changement_d%27%C3%A9tat

 

En physique-chimie, le changement de phase désigne la transformation plus ou moins brusque des caractéristiques d’un corps en fonction de la variation de certains paramètres. On parle aussi de changement d’état. Ainsi l’eau, à la pression atmosphérique, est solide en dessous d’une température de 0°C, liquide entre 0°C et 100 °C, et gazeuse au-dessus de 100°C. Les molécules d’eau H2O sont identiques dans chacune de ces phases. Seuls les agencements des structures macroscopiques solides, liquides, gazeuses sont différents. Ils sont essentiellement caractérisés par les distances et les interactions entre les molécules. L’état solide est constitué de cristaux qui allouent à chaque molécule une place fixe. Dans un liquide les molécules glissent les unes sur les autres. Dans un gaz, elles sont animées de mouvements de plus en plus rapides en fonction de la température et à relativement grandes distances les unes des autres. Le passage d’un état solide à un état plus fluide demande un apport d’énergie qui permet de contrecarrer les forces d’attraction entre les constituants. Il faut chauffer pour faire fondre la glace ou vaporiser l’eau. Inversement le passage d’un état fluide à un état moins fluide ou solide dégage de l’énergie. L’état plasma est un quatrième état de la matière, c’est un gaz où les molécules sont dissociées, les atomes ionisés et les électrons libres. Sur terre le plasma à l’état naturel n’existe que pour des gaz chauds. Le gaz froid (100°K) interstellaire d’électrons peu dense est également considéré comme un plasma.

Chaque état, solide, liquide, gazeux ou plasma, a ses propriétés physiques spécifiques, qui ne sont pas déductibles des caractéristiques des molécules ou composants élémentaires. On parle d’ordre émergent d’un système lorsqu’il est différent de la somme des caractéristiques des composants. Les caractéristiques d’une phase donnée sont déterminées par et déterminent les relations entre ses éléments constitutifs. La répartition des formes d’énergies auxquelles sont soumis les constituants, énergie potentielle et énergie cinétique, sont caractéristiques de chaque état. Les états solides, liquides ou gazeux de différents corps peuvent se trouver imbriqués, conduisant à de nouvelles propriétés émergentes.

Selon un article du mathématicien Cédric Villani, dans le  journal Le Monde du 16 mars 2013, les phénomènes de changement de phases ne sont complexes et que partiellement compris par les scientifiques.

Les différents états apparaissent dans les cycles de l’eau sur terre qui en structurent la géographie et participent aux phénomènes du vivant à différents niveaux de régulation. Les pôles et les montagnes stockent l’eau sous forme de glace. Les glaciers sculptent les vallées. Ils restituent l’eau lentement. La glace, étonnamment plus légère que l’eau, forme une couche thermo-isolante en surface. Les mers régulent la température du globe. L’évaporation permet le retour de l’eau dans les montagnes. Le cycle de l’eau faisant intervenir des phénomènes microscopiques et macroscopique est essentiel à la vie sur terre.

 Le cycle de l’eau est constitué de phases physiques (solide, liquide, gazeux), de phases temporelles et de phases fonctionnelles selon le milieu.

Ces trois sens du mot « phase » peuvent s’appliquer à d’autres domaines que les corps physiques, chimiques ou biologiques.

Le phénomène de phases temporelles s’observe dans de nombreux domaines : sommeil, métabolismes, saisons, Lune, économie, maladie physique ou mentale, humeur, rapports humains, évolutions personnelles et sociale. Ces phases induisent des fonctionnements différents des milieux où elles apparaissent. Selon l’échelle du temps d’observation, elles peuvent apparaître comme cycliques ou comme en évolution permanente.

L’ordre émergent est une phase en soi. Ainsi le système planétaire autour du soleil stable sur des milliards d’années peut être considérer comme une phase de la matière. Il en est de même de l’organisation de la matière vivante ou de la matière neuronale qui fait émerger des propriétés cognitives. L’ordre peut apparaître localement après une phase de chaos. Les multiples modes de fonctionnement d’un systèmes peuvent être considérés comme autant de phases.

 Plus fondamentalement, la matière et l’énergie observables dans l’univers correspondent à une phase émergeant des fluctuations du vide. Le vide n’est pas le néant, selon les modèles des physiciens. Il contient de l’énergie qui peut se condenser en matière et en ondes. Cette condensation s’est produite au moment du Big-bang il y a treize milliards d’années, mais elle se produit peut-être en permanence depuis lors en tout point de l’univers. Le boson de Higgs, mis en évidence en 2012 au CERN de Genève, est une particule d’énergie 126 GeV qui serait le germe de condensation transformant l’énergie du vide en matière.

 

Les domaines sociaux et économiques connaissent des phases de stabilité, d’évolutions lentes, de crises et de déclins. La multiplicité des facteurs entrant en jeu ne permet pas toujours la  modélisation des comportements et des prévisions à long terme. Des facteurs externes aux systèmes peuvent entrainer des changements brusques de phases. Ainsi un tsunami détruisant une centrale nucléaire peut remettre en question les politiques énergétiques mondiales. Les croissances exponentielles en quelques décennies des populations mondiales et de leurs impacts dévastateurs sur la nature et les sociétés humaines entraineront fatalement à terme des instabilités globales chaotiques et violentes.

Le déclenchement aussi bien que l’arrêt des crises à grandes échelles, comme les épidémies, les guerres mondiales, les révolutions gardent un part d’aléatoire et de mystère. Les phases potentielles sont inscrites dans « la mathématique » des systèmes, mathématique généralement imprévisible. Cette mathématique des systèmes entraine l’émergence de l’ordre et du chaos, de systèmes planétaires, de la vie, de l’ordre social, mais aussi de leur décomposition et recomposition.  

 Le vide est une phase du réel. Il contient de l’énergie invisible tant qu’elle n’est pas révélée. Tout ce passe comme si le vide contenait des dimensions, au delà de notre monde à trois dimensions, qui ne nous sont pas perceptibles.

Le monde de l’esprit relève sans doute aussi de dimensions supplémentaires échappant largement à notre perception spatio-temporelle. Comme je l’ai souvent écrit, ce monde de l’esprit avec ses instances cognitives se déploie à tous les niveaux d’organisation de la matière et à toutes les échelles de temps. La science, les mathématiques, l’art, la spiritualité, l’empathie constituent autant de phases révélant ces dimensions supplémentaires de la réalité.

Paganisme

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Paganisme

L’article de Wikipédia sur le paganisme résume la longue histoire des combats entre les croyances religieuses en vue d’asseoir leurs rôles et pouvoirs respectifs sur les sociétés et sur les individus.

Les fondements du sacré

Les rapports des humains avec un monde invisible remontent à la nuit des temps, comme l’attestent les peintures rupestres ainsi que les traces de rites funéraires remontant à quelque quarante mille ans. Le phénomène est probablement dû au fonctionnement du système cognitif humain qui sait qu’il sait, il sait qu’il pense, il sait penser ce que l’autre pense. Cet algorithme réflexif de la pensée l’entraine dans l’abyme des interrogations sur le fonctionnement et le sens du monde dans lequel il vit. Toute explication du monde soulève de nouvelles questions, dont les réponses en soulèvent de nouvelles. Or ce système cognitif a besoin de références stables et de rationalité cohérente. Les sociétés, elles aussi, ont besoin de stabilité et d’organisations légitimées autant par la force que par la croyance. La construction de mondes invisibles relevant du sacré plus ou moins rationnels et intangibles contribue ainsi à la stabilité des individus et des sociétés.

Les grandes religions ont conquis leurs places dans les sociétés en monopolisant et en canalisant le besoin de sacré chez les humains. Les dieux sont des inventions de ce système cognitif pour construire de la cohérence lorsque ses interrogations l’amènent aux confins de ses capacités de raisonnement. Ils sont également nécessaires pour construire de la cohérence sociale qui a besoin de symboles. On pourrait dire que les dieux, tels que représentés par les religions, sont des artéfacts contribuant à la construction de sens pour les individus et à l’unification des sociétés.

Les avatars du sacré

Le chamanisme, qui est la forme la plus ancienne des pratiques religieuses, stipule l’existence d’un monde des esprits et des âmes des ancêtres. Le chaman assure le lien entre le groupe ou l’individu et le surnaturel à travers un ensemble de rites codifiés. Pour l’animisme, toute la nature est peuplée d’esprits. La différence entre chamanisme et de l’animisme est que ce dernier ne cherche pas nécessairement à communiquer avec les esprits du monde. Le shintoïsme japonais comporte des éléments animistes et polythéistes.

J’ai été frappé, un jour au Japon, de voir une statuette de déité animiste dans une salle de commande de centrale électrique, milieu hypertechnique s’il en est. De la même manière j’ai rencontré, en Russie tout de suite après la chute du communisme, une sorte de chaman, employé par l’institution, chargé de chasser les mauvais esprits des employés d’une centrale nucléaire. A Pripriat, la ville fantôme évacuée après l’accident de Tchernobyl en 1986, j’ai vu  en la visitant vers 1996, l’enseigne du restaurant « le Prométhée » déglinguée dans l’avenue pointant vers le réacteur sinistré. Il se peut que le nucléaire soit un feu qu’il ne faudrait pas dérober aux dieux. Il est curieux également de noter que les sociétés où l’animisme est le plus présent, comme le Japon, Haïti, l’Afrique sont assez souvent victimes de catastrophes naturelles. Quelle est la cause, quel est l’effet ?

Les religions polythéistes ont été et sont encore très nombreuses. Elles organisent le monde des dieux selon les grandes  fonctionnalités des sociétés humaines en se basant sur des récits mythiques. On les rencontre chez les Romains, les Grecs, les Celtes, les Germains, les Slaves, les Chinois, les Perses. Le polythéisme est présent dans les civilisations précolombiennes, dans le shintoïsme, l’hindouisme et dans les religions pré-islamiques.

Les religions monothéistes, dont les racines remontent aux anciennes Mésopotamie et Egypte, ont repris les récits, les rites et les symboles qui fonctionnaient bien dans les religions anciennes tout en diabolisant celles-ci par la suite et s’attribuant l’exclusivité des mythes transformés en dogmes. Le christianisme a érigé en dogme le concept de la Trinité des trois dieux en un : le Père le Fils, le Saint-Esprit. Il s’agit des trois aspects fondamentaux constitutifs du cosmos : le Père, c’est l’amour, le Fils l’incarnation, le Saint-Esprit la raison.

Des syncrétismes mélangeant les influences entre différentes religions ont toujours existé. Le Vaudou haïtien est un exemple de syncrétisme entre l’animisme et le monothéisme.

Les grandes religions en tant qu’institutions sont globalement en recul dans les sociétés contemporaines avec toutefois des renforcements  locaux de leur influence. On assiste aussi à une prolifération des sectes et des sciences parallèles, comme succédanées aux pratiques religieuses. Les psychothérapies remplacent les recours aux religions. Le bouddhisme fait de plus en plus d’adeptes auprès des Occidentaux. On observe dans nos sociétés un certain retour aux croyances et aux pratiques païennes, si tant est qu’elles n’aient jamais disparu. Dans les Etats laïcs, la séparation du religieux et du profane n’est jamais totale, même si les rapports ont souvent été conflictuels. Les régimes politiques qui ont voulu éradiquer le sacré religieux, en ont inventé d’autres. Les pratiques magiques ont cours dans toutes les sociétés. De nombreux groupes en dissidence avec les grandes religions officielles, recherchent ou inventent les rites ancestraux des druides, des chamanes amérindiens ou sibériens, des dieux de l’Olympe, de la franc-maçonnerie, etc. Une partie de la jeunesse réinvente des rites païens, sans en avoir nécessairement une connaissance historique : concerts de hard rock (ou autre), rassemblements nocturnes, tatouages, punk, etc.

La technologie moderne, sans vraiment s’en rendre compte, a inventé des moyens techniques permettant de conférer une objectivité à des gestes magiques ancestraux. La médecine moderne est devenue plus sûr que la traditionnelle. Il suffit d’appuyer sur un bouton pour avoir la lumière, pour déclencher une machine ou le chauffage, pour contacter l’autre bout du monde, pour voir ce qui est caché.

Les régulations par le sacré

Toutes ces formes de religiosités ont contribué à réguler les sociétés humaines à tous les niveaux d’organisation ainsi que les individus pendant des millénaires.

Les grandes religions monothéistes ou polythéistes se sont montrées particulièrement efficaces dans l’organisation des sociétés, notamment urbaines, sur la base de hiérarchies légitimées par le divin. Elles ont réussi à s’imposer dans le temps et sur de très larges territoires grâce à leur alliance avec les forces militaires ainsi que par la complexification et la rationalisation apparente de leurs doctrines codifiées dans des livres. Saint Augustin ou Saint Thomas d’Aquin faisaient de la foi religieuse une question de raison. Elles ont su canaliser les rapports magiques entre le monde matériel et celui des esprits. Les sociétés qu’elles ont conditionnées se sont montrées particulièrement créatrices dans les domaines des arts, des sciences et des techniques. Dieu doit beaucoup à Jean-Sébastien Bach, dit-on. Les cathédrales ont structuré l’espace européen au Moyen-âge.

L’évolution des religions dans le temps pourrait fonctionner selon les principes darwiniens appliqués aux espèces vivantes : mutations et sélections naturelles.

Les religions participent à la régulation des comportements des individus ainsi qu’à leur quête de sens de leur vie. Elles apportent consolation à la souffrance qui est le lot de toute vie.

Ces religions monothéistes au Dieu mâle et patriarcal sont aujourd’hui sérieusement menacées dans leur rôle régulateur. Les raisons en sont multiples : sociétés urbaines, développement de l’éducation, diffusion de la culture, bien-être matériel, efficacité du pouvoir civil, évolution des mentalités. Le niveau d’éducation actuel dans les sociétés modernes, basé sur le rationalisme, rendent peu crédibles les récits mythiques ou certains rites lorsqu’ils continuent à être érigés en dogmes dictés par une soi-disant volonté divine. Le développement des technologies depuis le 18è siècle, aux dépends de la nature, a progressivement libéré une part de plus en plus importante de la population, dont les femmes, des tâches physiques et des préoccupations de la survie au jour le jour. Probablement l’émancipation des femmes, moins asservies aux tâches ménagères ou agricoles et aux aléas de la maternité, est le facteur déterminant du recul des religions dans nos sociétés. Les fondamentalistes religieux et les vieux machismes ne s’y trompent pas en cherchant à brider les femmes par des traditions contraignantes ou par une idéalisation hypocrite.

Le contrôle social par celui de la sexualité des individus est de moins en moins accepté dans nos sociétés. Les lois laïques dans ce domaine semblent plus pertinentes et suffisantes pour contrôler les pulsions des individus. Ces lois contribuent à la régulation démographique et de la violence tout en respectant l’intimité des personnes.

Les rites, qui ne sont que des métaphores, finissent toujours par constituer des vérités en soi. Les religions, comme toutes les institutions humaines, ont tendance à s’enfermer dans des systèmes de pensée auto-référents plus attachés à la lettre qu’à l’esprit. Elles peuvent dépenser l’essentiel de leur énergie à leur fonctionnement propre, pouvant les conduire au déni de la réalité de l’évolution des sociétés environnantes.

Les paganismes, tout comme les religions officielles, n’échappent pas à la prédominance des rites sur la quête spirituelle.

Le cœur du sacré

Le cœur, l’empathie, la fraternité, la solidarité, l’unité du groupe sont les vertus cardinales sacralisées dans la plupart des religions. Il peut s’agir d’un fonds de commerce des pouvoirs religieux. Mais toute société, même laïque, est cimentée par ces vertus. Des relations purement de force ou contractuelles ne permettraient probablement pas la pérennité des sociétés. L’équilibre mental des individus a besoin d’autant de raison que de cœur.

L’incarnation du sacré

Le monde des esprits sacrés s’incarne dans des personnages, des prophètes, leur paroles, des écrits, des récits mythiques, des rites, des chants, des danses, des architectures, des lieux. Sans ces concrétisations d’origines humaines, le sacré et le monde des esprits n’existeraient pas, du moins dans la conscience humaine. Les rites sacrés se mettent souvent en concordance avec les cycles et les éléments dans la nature. Les grandes religions gardent de nombreux éléments  des rites chamaniques et animistes. Les anges et les saints sont des avatars des esprits. Les fêtes liturgiques sont calées sur les cycles des saisons ou des journées. L’eau, le vin, le pain, le feu, la terre sont associés aux sacrements qui scellent l’alliance  entre la personne et le monde des esprits..

La complexité du sacré

Les rites individuels ou collectifs sont censés donner accès aux dimensions spirituelles du cosmos. Il n’est pas évident que certains soient plus efficaces que d’autre dans ce domaine. Associés à une société donnée, ils sont plus ou moins acceptables hors de celle-ci. Beaucoup de rites perdent leur sens en changeant de société et leur maintien à tout prix conduit aux problèmes d’intégration et de bien-être psychologique chez les populations migrantes notamment.

Les rites, les dogmes, les récits sacrés, les croyances aux esprits sont considérés par les croyants comme des volontés divines, par les agnostiques comme des artéfacts utiles au fonctionnement des individus et des sociétés. Les incroyants y voient des impostures et des manipulations au service de puissants. La vérité est probablement un mélange des trois points de vue. Le sacré est un fait anthropologique. Il existe à côté du monde matériel, un monde l’esprit, dont notre conscience est un des aspects évidents, un monde dont nous ne connaissons pas toute l’étendue ni toutes les caractéristiques. A défaut de le comprendre totalement avec notre conscience immédiate, nous avons recours à des métaphores, des rites religieux ou des théories scientifiques et de l’art. Le sacré a une fonction civilisatrice. Mais comme toute œuvre humaine, il est confronté au mal. Le sacré, comme la science, ou l’art, donne lieu à des théories farfelues. Il est aussi instrumentalisé par les pouvoirs politiques ou domestiques. Il légitime parfois l’horreur et la violence.

La transcendance

On pourrait considérer que le monde de l’esprit s’arrête à notre conscience humaine capable de raisonnement, de libre-arbitre, de volonté, de modélisation scientifique de la nature et de création technique et artistique. Or la nature, et notamment le vivant, relève de mécanismes intelligents qui échappent à la conscience humaine et qui ont fonctionné avant même l’apparition de l’homme sur terre. Comme évoqué dans de précédents textes, ces intelligences se déploient à tous les niveaux d’organisation de la matière, des particules élémentaires au cosmos. Les échelles de temps vont de la fraction de seconde aux milliards d’années. La complexité va de la matière inerte au vivant. Notre conscience du monde est face à des infinis, effrayants, selon Pascal. Notre conscience est un grain de sable dans le désert balayé par le vent, sous le regard du lointain cosmos.

Notre conscience, née au cœur de ce grain de sable, n’a pas de juste représentation de toutes les consciences en œuvre dans l’univers. Les dieux représentés par les religions ne sont probablement pas les créateurs du monde, mais plus simplement les mécanismes intelligents permettant à ce monde de se créer. Dieu est le créateur des possibles dans les domaines de la matière et de l’esprit. Il est effectivement trinitaire en ce sens qu’il est empathie, matière et raison. Sa présence abolit les échelles de taille, d’espace, de temps et de complexité. Certains états de notre conscience générés par les prières et les rites collectifs peuvent nous rapprocher de son esprit et son empathie présents en toute chose.

Conscience

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Apparemment personne ne sait exactement ce qu’est la conscience. Pour certains c’est une fonction émergente des interactions des neurones dans le cerveau. Pour d’autres elle vient nous habiter de l’extérieur. Habituellement on sort de la lecture des traités sur la conscience avec une conscience encore plus vague de ce qu’elle est réellement. Wikipédia consacre des articles à la conscience en plusieurs langues. Il est inutile de répéter ces articles, et je propose de partir de mes propres réflexions, qui sont nécessairement alimentées par les reliquats de lectures sur la question.

Pour aborder le sujet à ma façon, je vais tenter de voir si les fonctionnalités des sept chakras évoqués dans de précédents articles sont pertinentes pour caractériser la conscience. Ces fonctionnalités sont en résumé :1) Racine : la terre. 2) Ventre : la nourriture, les métabolismes. 3) Plexus : la régulation. 4) Cœur : l’empathie. 5) Gorge : la parole, l’incarnation. 6) Le troisième œil : la raison. 7) Le sommet de la tête, la transcendance.

 

La racine. La terre. La conscience enracinée.

La nature profonde du monde est matière et conscience. A travers le cosmos, de l’infiniment petit à l’infiniment grand et à travers le temps, la matière prend différentes formes : ondes, particules, énergie, solide, liquide, gaz, plasma, vivante, organisée, chaotique, objets technologiques, objets symboliques, totems. De même, la conscience quant à elle, intervient sous différentes formes : information, représentation du réel, traitement de l’information, plan d’action sur la matière, évolution et évolution des formes de la matière et des espèces vivantes, concepts artistiques, scientifiques ou techniques.

Je postule que la conscience dans son acception générale n’a pas le cerveau humain comme siège unique mais qu’elle s’appuie sur d’autres niveaux d’organisation de la matière. A l’intérieur du corps humains, l’essentiel des mécanismes vitaux échappent à la conscience immédiate de la personne. Ils font appel à des processus « intelligents » impliquant de la mémoire et des choix sur l’avenir, donc des représentations de la réalité dans un espace abstrait. Par ailleurs l’ensemble des cellules d’un corps semble participer au stockage des souvenirs et des émotions des personnes. Ces souvenirs et émotions peuvent resurgir ou simplement modifier de manière inconsciente le fonctionnement de l’organisme. La santé ou la maladie sont tributaires des mémoires enfouies dans le corps.

Des mécanismes « intelligents » semblent également à l’œuvre à différents niveaux d’organisation de la matière dite inerte. J’ai évoqué cet aspect dans plusieurs articles précédents sans cautionner pour autant l’idéologie politico-religieuse du « dessein intelligent », qui alimentent aujourd’hui de nouvelles guéguerres et guerres de religions. Sans revenir sur les détails, il suffit d’évoquer quelques phénomènes « miraculeux », c’est-à-dire infiniment improbables, s’ils étaient simplement soumis au hasard, qui permettent la vie sur Terre : les propriétés de l’atome de carbone ou celles de l’eau indissociables de la chimie du vivant. La stabilisation par la Lune de l’inclinaison de l’axe de rotation de la Terre sur le plan de l’écliptique permet les saisons et donc le maintien de la température moyenne sur terre vers 15 °C où l’eau est à l’état liquide. Les mouvements du magma souterrain engendrent un champ magnétique terrestre qui protège l’atmosphère contre son balayage par les vents solaires. Jupiter protège la Terre des astéroïdes.

L’évolution de la conscience suit celle de la matière depuis la matière dite inerte jusqu’au monde vivant et à l’aventure de la culture humaine. Il n’est pas sûr que cette dernière représente le nec plus ultra de l’évolution de l’univers. D’autres formes de consciences ont permis la pérennité de l’univers depuis des milliards d’années. Il semble que la culture humaine va se heurter à un mur en raison des grandes ressources en énergie qu’elle épuise et des pollutions de la biosphère qu’elle engendre.

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Le ventre. Les métabolismes. Les avatars de la conscience.

Les états de conscience coulent en flot continu dans l’être humain et se transforment au gré des situations, de l’environnement, des informations déjà reçues, des impressions ou des souvenirs remontant à la surface. A l’instar des mécanismes de transformation de l’énergie d’une forme dans une autre qui ne sont jamais complets, l’information utilisée par la conscience est également partielle. Comme les aliments, l’information est digérée, c’est –à-dire sélectionnée.

La caractéristique de ne pouvoir définir la conscience qu’avec des mots qui lui sont synonymes ou connexes (représentation, image, sentiment) traduit sa nature réflexive. Elle est une combinaison de sensations de bien ou de mal-être, de peur, de volonté, d’empathie ainsi que de représentation et de rationalisation de la réalité. Elle sait se dire elle-même et elle est capable de dire ce que le monde extérieur à elle est ou dit. La conscience est parce qu’elle se pense elle-même.

La conscience la plus immédiate est celle qui nous fait précisément prendre conscience de la réalité de manière rationnelle.

La rationalité de la conscience n’est pas absolue, elle est tributaire de l’état de l’individu et de son environnement.

L’ataraxie, l’absence de trouble de l’âme selon Démocrite, devrait constituer une sorte d’état idéal où la conscience évolue en harmonie. L’état de pleine conscience des personnes en méditation vise également cette harmonie. La conscience représentative peut être modifiée, stimulée, conditionnée par de nombreux facteurs : la raison, l’amour, la haine, la peur, la douleur, les drogues, les rituels, la musique, la culture ambiante, le choix des mots, les stimulations des sens, les souvenirs, les enthousiasmes, les pulsions, l’orgasme, le sommeil, l’anesthésie médicale, la torture, la maladie mentale, l’absence de contrôle externe, l’absence d’inhibition.

Cette conscience représentative intègre des données culturelles individuelles ou collectives. Les haines religieuses, raciales, nationales, tribales se basent sur des consciences collectives identitaires.

La conscience humaine est capable d’inventer des artéfacts, qui servent sa propre rationalité sous formes de croyances, de mythes, de lois ou d’institutions.

La conscience morale est de l’ordre de la transcendance, dont je parlerai plus loin. Elle intervient dans le contrôle de la conscience représentative et celle qui conditionne la volonté et l’action.

La mémoire constitue les archives qui nourrissent la conscience. Des souvenirs peuvent remonter à la conscience, soit volontairement soit spontanément tirés par des enchainements d’éléments de mémoire s’appelant les uns les autres. La mémoire est un océan silencieux où la conscience part à la pèche. Le rêve nocturne est une conscience surtout soumise aux enchainements d’impressions plutôt que de raison.   

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Le plexus. La régulation par la conscience.

Les animaux, caractérisés par la capacité de se déplacer pour trouver la nourriture et les partenaires sexuels, ont besoin d’une conscience représentative de l’espace au niveau de chaque individu. L’abeille a, malgré la petite taille de son cerveau, une représentation de l’espace afin de retrouver sa ruche ou les fleurs à butiner qui lui sont indiquées par la danse d’une congénère. Les oiseaux savent s’orienter dans leurs migrations. Ils savent construire des nids compliqués. Les cycles de reproductions et les symbioses complexes  sont omniprésents dans la nature et traduisent l’existence probable de formes de consciences. Les plantes semblent avoir moins besoin de conscience au niveau individuel, bien que la vie en colonies puisse impliquer des comportements individuels « intelligents ». Des formes de conscience sont cependant nécessaires pour le fonctionnement des métabolismes végétaux individuels. Il se pourrait que le monde végétal ait la chance de ne pas connaître la souffrance.

Pour les humains, la culture, la civilisation, les sciences, les technologies, toutes les réalisations sont issues de consciences individuelles et collectives.

La conscience individuelle est un miroir de la conscience collective. Cette dernière s’appuie sur des cultures constituées de mèmes, des éléments de mimétisme, de tèmes, des éléments technologiques, et d’épistémè, le regroupement de l’ensemble des connaissances scientifiques, du savoir d’une époque.

Normalement la conscience collective est un garde fou ou au moins un moindre mal vis-à-vis des folies individuelles. Mais l’histoire nous montre que de temps en temps l’inverse est vrai aussi, la conscience collective peut devenir source de folie, folie collective ou folie de l’individu.

Tout système complexe possède des régulations à différents niveaux d’organisation.

 

Le cœur. L’empathie.

Les phénomènes d’équilibre entre l’attraction et la répulsion des corps est universel dans la nature. L’attraction dans le domaine de la conscience n’est pas simplement mécanique. L’empathie est la capacité de se mettre à la place de l’autre. Ses manifestations et ses causes sont multiples et complexes. La libido a une base hormonale donc génétique et demande à être mise sous contrôle par la conscience sociale et individuelle. Toutes les espèces animales protègent instinctivement leurs petits. Les sociétés humaines ne survivraient pas sans la fraternité et si les rapports étaient simplement soumis à l’intérêt mutuel.

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La parole. L’incarnation.

La conscience sans traduction dans le monde matériel ne semble pas pouvoir exister. Sa matérialité se traduit par des formes structurées de la matière dite inerte (systèmes planétaires ou cristaux, par exemple).

Comme évoqué plus haut, la conscience humaine s’incarne dans les œuvres, les mèmes, les tèmes, l’épistémè, les réalisations techniques, les langages, l’écriture les narrations. Tous ces objets sont à la fois des supports et la conscience à la fois. Celle-ci s’évanouit lorsque les objets disparaissent et inversement. Le média est le message, disent les professionnels de la communication.

Cette nécessité de l’expression concrète concerne aussi bien la conscience individuelle que collective.

La part inconsciente de la conscience est souvent dormante au fond des individus et des collectivités. Elle peut remonter à la surface consciente souvent sous forme métaphorique ou symbolique, selon une logique qui n’apparait pas comme rationnelle. C’est la base de la réflexion psychanalytique.

Les rites et les récits mythiques incarnent symboliquement l’unité de groupes humains. Ils deviennent souvent la réalité de cette unité. Les conflits entre groupes sont souvent ceux des rites ou des récits mythiques. Ils sont la conscience d’appartenance.

 

 Le cerveau. La Raison.

Le chakra du troisième œil symbolise le cerveau qui est le siège de la pensée rationnelle et irrationnelle. C’est aussi le lieu où peut s’effectuer une synthèse rationnelle des aspects de la conscience, du cœur, de la matière et de la raison. C’est le lieu de notre conscience représentative, de celle par laquelle nous pouvons nous penser nous-mêmes. Celle qui nous permet de partager des savoirs et des sentiments avec autrui. Celle qui permet d’agir sur le monde.

 

Le sommet. La transcendance.

La notion de transcendance est polysémique comme celle de la conscience. Alors la transcendance de la conscience l’est doublement…

La transcendance est, comme la conscience, également inhérente la condition humaine. La réflexivité de la conscience la pousse à sans cesse chercher un au-delà d’elle-même. Les religions proposent, ou imposent, la notion de Dieu qui est supposé  constituer le but indépassable de la quête de sens. Mais la notion de Dieu ne réussit pas toujours à étancher la soif, voire l’angoisse, de recherche incessante de sens. 

Les dieux, pour les faire subsister, sont enfermés par l’humanité dans la matérialité des rites, des récits, des dogmes. Cette matérialisation des dieux contribue à organiser aussi bien les sociétés humaines que le système cognitif des individus.

La conscience « pure » existe-t-elle ? Ou n’est-elle qu’un artéfact permettant d’organiser le monde ?

Un certain nombre de pratiques semblent pouvoir donner à la conscience l’accès à sa propre transcendance : méditation, prière, rites, drogues, musique chants, danses, etc. 

La conscience de soi et celle de l’altérité est au cœur de la quête spirituelle. L’altérite de chacun se déploie à tous le niveau d’organisations de la matière et de la conscience.

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Algorithmes cosmiques

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Les modèles cosmologiques standards admettent aujourd’hui que les grandes structures de l’univers sont uniquement réglées par les forces et les champs gravitationnels. Ceux-ci reposent sur la loi de Newton qui dit que deux corps exercent une force d’attraction mutuelle proportionnelle au produit de leurs masses respectives divisé par le carré de leur distance. Les autres forces connues de la physique (électromagnétiques, fortes et faibles) ne s’exercent pas à grande distance. Les interactions gravitationnelles de multiples corps dans l’univers deviennent très complexes. Bien qu’attractives, elles n’empêchent pas, curieusement, une expansion constante à grande échelle de l’univers. Elles régissent la formation et les déplacements des objets identifiés dans l’univers : astéroïdes, planètes, étoiles, galaxies, trous noirs. La gravitation détermine le poids des objets sur terre, entraine leur chute et permet notamment le maintien d’une atmosphère sur une certaine épaisseur.

La majorité de la masse et l’énergie présentes dans l’univers est « cachée ».

Les corps célestes de l’univers envoient dans toutes les directions en permanence, et depuis l’origine des temps, des particules et des rayonnements sous forme d’ondes gravitationnelles, de rayons gammas, de photons, de protons, de neutrinos. Ces particules se déplacent à travers l’univers à la vitesse de la lumière ou proche de celle-ci. Les photons ou rayons gammas provenant des galaxies lointaines ont pu mettre des milliards d’années pour nous parvenir selon notre décompte du temps. Cependant dans leur propre référentiel, qui se déplace à la vitesse de la lumière, le temps est aboli d’après la théorie de la relativité d’Einstein.

 

Selon le modèle standard de l’univers, celui-ci serait donc uniquement soumis aux lois de la gravitation. Est-ce bien vrai ?

 

Ma conjecture est que tous ces objets, rayonnements, particules et peut-être autres, qui traversent en permanence l’univers, sont porteurs non seulement de masse et d’énergie mais aussi d’informations. Ces masses, énergies et informations interagissent avec la matière rencontrée qui à son tour les transforme et les réémet sous forme modifiée. Ces processus, qui se déroulent à toutes les échelles de taille depuis le niveau quantique, jusqu’à la collision de galaxies, transforment et font évoluer la matière au-delà des lois de la gravitation.

 

On peut se demander si la géométrie de l’univers serait ce qu’elle est si les étoiles ne s’étaient jamais allumées et étaient restées de simples amas de roches se densifiant au cours du temps. Il semble évident que sans soleil émettant de l’énergie sous forme de  rayonnements, la vie ne serait jamais apparue.

Le spectre de la lumière solaire comporte des longueurs d’ondes permettant le phénomène de l’assimilation chlorophyllienne. Mais il ne s’agit là apparemment que d’énergie.

 

Deux questions se posent.

1)      Les multiples réglages fins des caractéristiques et des propriétés de la matière inerte ou vivante sont-ils attribuables à des « algorithmes » à différents niveaux d’organisation de la matière ?

2)      Si tel était le cas, il faudrait identifier des vecteurs de transmissions et de traitement d’informations ainsi que la nature de ces algorithmes.

 

Différents types d’algorithmes

Les algorithmes des ordinateurs sont basés sur les principes de la machine de Türing. Des chaines de caractères (0,1) sont transformées dans un système mécanique ou électronique mû au gré de la rencontre d’autres chaines de caractères. La réflexivité des processus entraine que certains algorithmes peuvent s’auto-entretenir à l’infini ou tant que la machine dispose d’énergie. La programmation informatique consiste à élaborer des algorithmes dont les chaines de caractères d’entrée et de sortie puissent représenter une réalité d’un autre ordre, par exemple des calculs, des classements, des simulations, des commandes d’actionneurs. La machine de Türing tout comme les processeurs des ordinateurs fonctionnent de manière séquentielle. 

 

Le langage, l’écriture ainsi que les gestes techniques ou artisanaux constituent également des algorithmes séquentiels de traitement de chaines de caractères et d’opérations où intervient le déroulement de phases dans le temps.

 

Il semble qu’il existe des processus de traitement de l’information où le séquençage ne soit pas le seul mécanisme. Des mécanismes « holistiques », d’interaction globale et immédiate des éléments d’un système, peuvent donner lieu à du traitement et à de la production d’information. La mémoire, l’intuition, les métabolismes des organismes vivants pourraient relever de ce mode de fonctionnement. Les hormones secrétées par différents organes sont des vecteurs d’information qui déclenchent des algorithmes spécifiques qui régulent les fonctions de l’organisme. L’essentiel des algorithmes à l’œuvre dans les organismes échappent à la conscience.

 

Il est possible que des algorithmes intégrant des mécanismes séquentiels, récursifs et holistiques soient à l’œuvre à différentes échelles de temps et de tailles ainsi que sur des supports matériels très différents.

 

Des processus algorithmiques de sélection pourraient se passer au niveau de  l’ADN avant même la formation d’un être. Ceci pourrait expliquer l’absence de continuum dans l’évolution des espèces qui se fait par sauts.

 

La formation de structures dans la matière dite inerte des particules élémentaires aux amas de galaxies reste la vraie question. L’univers pourrait n’être qu’un point où toute la matière se concentre ou bien qu’un nuage de particules infiniment dilué. Or il existe des structures. Celles-ci sont sont-elles le résultat du hasard des interactions de forces antagonistes, ou bien d’algorithmes faisant intervenir des informations et des choix ?

 

L’évolution du vivant repose aussi sur la récursivité, l’itération.

Dans le domaine mathématique, les objets fractals constituent des structures issues d’algorithmes où la récursivité et l’itération jouent un rôle déterminant. Dans ce dernier cas, le rôle du « système extérieur au système », celui du programmeur qui a bâti l’algorithme, apparaît comme évident.

 

angelsLes algorithmes de structuration de la matière inerte ou vivante semblent auto-poïétiques, qui se sont construits eux-mêmes par des algorithmes de sélection surplombants. Tout système a besoin s’un système extérieur pour se générer et se régénérer. Il est évident que le vivant sur Terre a besoin de l’énergie du soleil pour se maintenir. Mais s’agit-il seulement d’énergie ?

 

La sélection des solutions retenues se base sur leur viabilité pour les organismes vivants et sur des symétries géométriques pour la matière inerte. Ce sont probablement des méta-algorithmes qui ont sélectionné ces dynamiques et géométries viables. Il semble que la démonstration de ces méta-algorithmes soit hors de portée de la conscience humaine.

 

Les rayonnements cosmiques venus du fond de l’univers portent des informations que la matière inerte ou vivante sait déchiffrer au plus profond de son intimité, créant ainsi la grande unité et diversité du cosmos.

 

Ordres magiques

 

 

Les structures stables dans la nature ou dans l’univers virtuel des idées sont hautement improbables et pourtant elles existent.

 

Dans le monde matériel les structures stables ou quasi-stables existent à tous les niveaux d’organisation de la matière depuis les particules élémentaires jusqu’aux amas de galaxies. Les êtres vivants sur terre constituent un type de structures stables. Ces stabilités perdurent, selon des échelles de temps très variables et  selon les systèmes.

Dans le monde virtuel des idées, il existe des structures stables en ce sens qu’elles sont cohérentes du moins en fonction de leurs promoteurs et dans un contexte donné.

Les mathématiques

Les lois mathématiques sont cohérentes entre elles, leur vérité est en principe indépendante des personnes. Les mathématiciens explorent leur univers pour y découvrir des régularités et des singularités. La simple suite des nombres et les figures géométriques recèlent de nombreuses et d’étranges propriétés : théorème de Pythagore, nombres premiers, π, etc. pour n’évoquer que les plus connus. Les images fractales, les attracteurs étranges élaborés par des algorithmes informatiques sont également des singularités du paysage mathématique. Le plus étrange est que les mathématiques permettent de construire des objets abstraits qui fonctionnent de manière analogue à la nature matérielle : la trajectoire des planètes, l’écoulement des fluides, les statistiques, la cybernétique, la mécanique quantique, les machines, etc. Il existe des liens profonds entre la matière et le monde virtuel des mathématiques. Cependant aujourd’hui encore beaucoup d’objets de la nature physique ne sont pas modélisables par les mathématiques, en biologie notamment. Inversement, beaucoup d’objets mathématiques ou informatiques n’ont pas d’équivalent dans la matière, par exemple les objets de dimension supérieure à trois ou les nombres imaginaires. Bien des créations humaines échappent à la modélisation mathématique rigoureuse : comportements sociaux, échanges financiers ou commerciaux.

Les systèmes complexes

Les systèmes complexes, qui sont le siège d’interactions entre une multitude d’éléments, devraient tendre vers un désordre croissant selon les lois de la thermodynamique. Pourtant l’ordre et des équilibres apparaissent par moment et par endroit : structure spirale des galaxies, trous noirs, système solaire, écosystème planétaire, organismes vivants, cristaux, molécules, atomes, ainsi que certains systèmes créés par les humains, comme l’ordre social. Toutes ces structures interdépendantes sont hautement improbables et pourtant elles existent.

Nous existons parce que le trou noir au centre de notre galaxie situé à quelques milliers d’années-lumière a la bonne taille pour que les soleils aient eu les temps de fabriquer les atomes de carbone qui nous composent. Le carbone est un des atomes indispensables à  la fabrication  des molécules complexes du vivant. La planète terre est à une température permettant l’existence de l’eau sous forme liquide. Cette propriété est liée à la bonne distance de sa trajectoire autour du soleil. Elle est protégée des rayonnements cosmiques par son champ magnétique propre généré par les mouvements de son noyau chauffé par la radioactivité des roches. Jupiter et Saturne forment un écran contre le bombardement de la terre par des astéroïdes. Notre vie est tributaire d’un ordre cosmique.

Les conditions de stabilité des systèmes

Certaines équations mathématiques indiquent que l’ordre et le désordre sont profondément ancrés dans le réel ainsi que dans le virtuel. Les équations de la dynamique des populations ou celle de Boltzmann sur la théorie des gaz laissent apparaître des zones de stabilité dans le chaos croissant.

Les conditions de stabilité des systèmes complexes ne sont pas entièrement connues. Ces systèmes peuvent passer de la stabilité au chaos et inversement au gré des perturbations. Ils sont soumis à des forces centrifuges et centripètes. Lorsque les perturbations sont faibles, ils sont ramenés vers la stabilité. Mais aucune stabilité n’est éternelle, ni même celle du système solaire.

Symétries

Les systèmes stables connaissent des symétries spatiales, temporelles ou organisationnelles. Les symétries sont associées à la stabilité. En effet lorsqu’une perturbation affecte une partie d’un système, la partie symétrique peut contribuer à en restaurer la configuration. Les cycles temporels assurent les stabilités dans le temps. Ils constituent des symétries stabilisatrices : cycles des planètes, des saisons, de l’eau, du carbone, des végétaux, des fêtes et même du prélèvement des impôts. Le temps a une flèche. A cause des multiples interactions de multiples éléments, il est irréversible

Frontières

Les systèmes organisés se développent souvent sur des frontières de domaines antisymétriques. La vie sur terre se développe par exemple dans une fine couche située entre la roche et l’atmosphère ou l’eau (avec des exceptions). Les civilisations ont pris naissance au bord des fleuves ou des mers. Le principe oriental du Yin et du Yang est omniprésent.

Les systèmes sont emboités les uns dans les autres de l’atome à la galaxie avec des propriétés et des modes de fonctionnement spécifiques à chaque niveau d’organisation. Les propriétés d’un système sont plus que la somme des propriétés de ses composants.

Ordres intriqués

Existe-t-il une loi fondamentale de l’univers dont on pourrait déduire tous les objets à tous les niveaux d’organisation ?

Il existe un ordre global qui intrique le cosmos de l’infiniment petit à l’infiniment grand. Un organisme vivant ne survit que si ses cellules élémentaires vivent et inversement celles-ci sont tributaires de l’organisme qu’elles constituent. Il est possible que l’ordre dans les galaxies soit tributaire de l’ordre dans le monde quantique de l’infiniment petit et inversement. Si les atomes n’existaient pas, les galaxies ne réussiraient probablement pas à se structurer comme elles le font. Mais inversement sans les galaxies, les atomes pourraient-ils exister ? L’évolution de l’univers ne pourrait-il être analogue à celui de l’œuf et de la poule ? Les liens de de causalités qui relient les causes et les effets s’estompent pour la poule comme pour l’univers.

La lumière porteuse d’énergie et d’information

Quel est le vecteur d’unification du cosmos de l’infiniment petit à l’infiniment grand ?

Ma conjecture est que les photons ou des particules analogues soient ce vecteur. Le photon est une particule et/ou une onde sans masse porteuse de lumière qui file à la vitesse de 300.000 km à la seconde. Il transporte de l’énergie et de l’information. Dans notre référentiel terrestre, la lumière met des milliards d’années pour nous rejoindre du fond de l’univers. Cependant selon la théorie de la relativité d’Einstein, ce temps est nul dans son référentiel propre. Il est donc simultanément tout au long de sa trajectoire. Il se pourrait que les photons constituent la mystérieuse énergie dite noire omniprésente dans l’univers, que les astrophysiciens déduisent des mouvements singuliers des astres. Ils pourraient aussi être porteurs de la mystérieuse information qui fait du cosmos un formidable algorithme. Celui-ci explore, de manière « intelligente » le champ des possibles et permet l’émergence de structures stables. Ces stabilité « magiques » sont-elles inventées ou découvertes par l’algorithme cosmique ? La même question se pose pour les théorèmes mathématiques.